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Les sociétés d'autoroutes feront-elles le geste commercial demandé par l'État?

Plus que des gestes commerciaux ciblés, les sociétés autoroutières préfèreraient troquer un gel des tarifs des péages contre un allongement de leurs concessions.

Plus que des gestes commerciaux ciblés, les sociétés autoroutières préfèreraient troquer un gel des tarifs des péages contre un allongement de leurs concessions. - Jean-Pierre Muller-AFP

Les sociétés autoroutières préféreraient troquer un gel des tarifs des péages contre un allongement de leurs concessions. Mais le gouvernement attend d'elles des gestes commerciaux ciblés destinés aux automobilistes qui utilisent quotidiennement les autoroutes pour travailler.

La balle est dans le camp des sociétés d'autoroutes auxquelles l'État a demandé de faire un geste en faveur du pouvoir d'achat des automobilistes. Lors de la réunion destinée à faire avec elles le point après sept semaines d'agitation des "gilets jaunes" qui s'est tenue vendredi 4 janvier, la ministre des Transports, Elisabeth Borne a "appelé les sociétés concessionnaires à entendre l'attente forte qui s'exprime en faveur du pouvoir d'achat, et à faire des propositions à la hauteur dans le cadre de leurs politiques tarifaire et commerciale".

La discussion en cours, qui doit se poursuivre "dans les prochaines semaines", "se mène en tenant compte des contrats liant l'État aux sociétés concessionnaires, particulièrement clairs et contraignants en matière d'évolution des tarifs", a indiqué le ministère des Transports. Comme chaque année, au 1er février 2019, selon une formule prévue dans les contrats signés en 2006 entre l’État et les concessionnaires d'autoroute, les tarifs des péages augmentent. Pour 2019, la hausse prévue est de 1,8 % en moyenne.

L'État ne veut pas d'un gel des tarifs de péage en 2019

"Toute initiative de court terme qui s'avérerait défavorable aux usagers sur le long terme ne peut pas constituer une solution crédible", ajoute-t-on au ministère des Transports, faisant référence au gel des tarifs des péages décrété par Ségolène Royal en 2015, qui a été compensé par d'avantage de hausses tarifaires les années suivantes.

Donc l'État réfute par avance une initiative consistant à geler les tarifs des péages en 2019. La ministre des Transports attend des gestes commerciaux pour "les transports de tous les jours". "Je pense qu'elles (les sociétés d'autoroutes) ont compris qu'on attend fermement des propositions de leur part", a-t-elle martelé.

Des mesures pour les trajets autoroutiers domicile-travail

"De premières pistes ont été abordées, notamment concernant la situation des usagers réguliers effectuant des trajets domicile-travail, qui vont faire l'objet d'un examen approfondi", ont précisé les services du ministère qui attendent des propositions concrètes baissant la facture des automobilistes qui empruntent quotidiennement les autoroutes pour des besoins professionnels.

"Les autoroutiers ont les moyens de rogner leurs marges", estime un fin connaisseur du dossier, cité par Le Parisien. Les propositions des sociétés d'autoroutes doivent parvenir au gouvernement d’ici huit à dix jours. Mais en face, plus que des gestes commerciaux ciblés, les sociétés autoroutières persistent à préférer troquer un gel des tarifs des péages contre un allongement de leurs concessions, selon un responsable du secteur.

Frédéric Bergé avec AFP