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Les médecins et dentistes vont-ils bientôt être autorisés à faire de la publicité?

L'interdiction totale de publicité pour les médecins et dentistes français n'est pas conforme au droit européen, selon une décision du Conseil d'Etat.

L'interdiction totale de publicité pour les médecins et dentistes français n'est pas conforme au droit européen, selon une décision du Conseil d'Etat. - FRED DUFOUR -AFP

L'interdiction totale de publicité pour les médecins et dentistes français n'est pas conforme au droit européen, selon une décision récente du Conseil d'État qui vise à "contraindre" le gouvernement "de procéder à l'abrogation" de cette règle "devenue illégale".

Les médecins et les dentistes français sont interdits de toute forme de publicité directe ou indirecte mais cela pourrait bientôt changer. Cette interdiction n'est pas conforme au droit européen, selon une décision du Conseil d'État, rendue mercredi 6 novembre. Dès juin 2018, la plus haute juridiction administrative avait prévenu dans une étude que cette interdiction était "susceptible d'être affectée par l'évolution de la jurisprudence européenne".

La Cour de justice de Luxembourg a en effet acté en mai 2017 que les traités fondateurs de l'UE "s'opposent à une législation nationale (...) qui interdit de manière générale et absolue toute publicité" pour les dentistes. Début 2019, l'Autorité de la concurrence avait à son tour pointé "la nécessité de modifier à brève échéance" le code de la santé publique et rapportait alors que le gouvernement "travaill(ait) à leur refonte (...) dans un délai de 6 à 12 mois".

Que va décider la ministre de la Santé?

La décision rendue mercredi par le Conseil d'État oblige désormais la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à tenir compte de ce "changement de circonstances". La ministre de la Santé avait rejeté en octobre 2017 la demande d'un médecin qui contestait ce refus "pour excès de pouvoir" et a donc obtenu gain de cause devant le Conseil d'État.

Pour la plus haute juridiction administrative, dès lors que "l'acte réglementaire est devenu illégal (...), il revient au juge d'annuler ce refus pour contraindre l'autorité compétente de procéder à son abrogation". À charge pour le "pouvoir réglementaire" de définir de nouveaux "procédés de publicité compatibles avec les exigences de protection de la santé publique, de dignité de la profession médicale, de confraternité entre praticiens et de confiance des malades envers les médecins".

Frédéric Bergé avec AFP