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Les marges de la grande distribution sont plus faibles que ce qu'on croit

La part de marché des grandes surfaces est en repli de 0,2 point sur un an.

La part de marché des grandes surfaces est en repli de 0,2 point sur un an. - Denis Charlet- AFP

Selon l'Observatoire des prix alimentaires, la marge nette des distributeurs a baissé depuis deux ans et n'atteint même pas 1% du prix de vente des produits après impôt.

Les distributeurs prennent des marges confortables sur les produits qu'ils vendent. Une idée reçue battu en brèche par le rapport de l'Observatoire de la formation des prix et des marges 2019 remis au Parlement il y a quelques jours. Ce rapport dresse le bilan de l'évolution des prix pratiqués et des marges prises par la grande distribution. 

D'abord en ce qui concerne les prix à la consommation des produits alimentaires, le rapport rappelle qu'ils ont enregistré en 2018 une hausse d’un peu plus de 2%, légèrement supérieure à l’inflation. La hausse la plus notable concerne les fruits et légumes (respectivement +6,5 % et +7%), elle est plus faible pour les produits laitiers (+3%), le poisson et le jambon (+2,2%), la viande de porc fraîche (+0,9%), la baguette de pain (+1,5%) et la viande bovine (+1,4%). Seuls les prix des pâtes sont en baisse (-1,2 %) tandis que ceux de la volaille restent stables.

Des hausses qui n'ont pourtant pas profité à la grande distribution à en croire le rapport. Au contraire, les marges des enseignes de supermarchés et hypermarchés se sont même réduites sur la période.

Car comme chaque année, l’Observatoire a calculé les charges moyennes et les marges nettes par rayon alimentaire frais des grandes et moyennes surfaces, pour l’année 2017 et une partie de l'année 2018. "De ce fait, ce rapport ne permet pas d'observer l'impact des dispositions de la loi EGALIM", expliquent les auteurs. Pour l’ensemble des rayons alimentaires frais après imputation des charges, la marge nette 2017 rapportée au chiffre d’affaires, ressort à 1,2% avant impôt, en baisse par rapport à 2016 (1,7%). Elle s’établit à 0,8% après impôt. Autrement dit pour 100 euros de produits frais vendus, le distributeur se met en moyenne 80 centimes dans la poche. 

Mais cette marge diffère selon les produits et les rayons. L’univers viande reste globalement le plus rentable (2,3% après impôt) grâce aux rayons volailles et charcuterie qui dégagent les marges nettes les plus élevées et compensent celles du rayon boucherie toujours négatives.

Le pain vendu à perte

En dépit de résultats plus faibles qu’en 2016, les marges nettes des rayons fruits et légumes et produits laitiers restent positives (respectivement 2% et 0,5 % après impôt).

Il y a en revanche des rayons qui ont une marge négative. Autrement dit sur lesquels les enseignes perdent de l'argent. C'est le cas de la boulangerie (-0,3% après impôt), du fait notamment du poids important de la main-d’œuvre dédiée. Mais les rayons qui coûtent le plus sont pourtant ceux qui vendent des produits coûteux. Il s'agit en effet des rayons boucherie (-2,8% après impôt) et poissonnerie qui comme les années précédentes reste le plus déficitaire (-5,7 % après impôt).

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco