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Les députés interdisent la vente de tabac dans les bars et les discothèques

Cette mesure vise à lutter contre le trafic au noir

Cette mesure vise à lutter contre le trafic au noir - Marina Club Discotheque - Flickr - CC

L'Assemblée nationale a adopté ce vendredi 13 novembre un amendement visant à supprimer la vente de tabac non assurée par les buralistes. Ce qui n'est pas sans provoquer quelques grimaces du côté du gouvernement.

Acheter un paquet en boîte de nuit, c'est bientôt fini. L'Assemblée nationale a ainsi interdit ce vendredi 13 novembre la vente de tabac en dehors des bureaux, comme par exemple dans les bars ou les discothèques, pour lutter contre la consommation des jeunes, une mesure désapprouvée par le gouvernement.

Dans le cadre de l'examen du projet de budget de l'Etat 2016 en première lecture, les députés ont donné leur aval à des amendements socialistes en ce sens portés par Michèle Delaunay et Frédéric Barbier, auteur d'un récent rapport sur l'avenir des buralistes.

Ces députés entendent réserver "l'exclusivité de la vente de tabac" aux débitants de tabac. Pour la députée PS de Gironde, cela permettra "de réduire l'accessibilité de la vente de tabac dans certains endroits fréquentés par les jeunes: boîtes de nuit, clubs, brasseries et restaurants".

Selon l'exposé des motifs de l'amendement de son collègue du Doubs, la mesure est aussi "une garantie supplémentaire contre le fléau que constitue le commerce parallèle du tabac, qui concerne en France entre 6 à 22,5% du marché des produits du tabac", "fléau qui nous prive de recettes fiscales et qui ampute le chiffre d'affaire des buralistes".

Les réserves de Christian Eckert

Dans l'hémicycle, Michèle Delaunay a indiqué que l'amendement visait notamment à "soutenir les buralistes et les valoriser dans leur rôle de préposé unique de l'administration", mais aussi à "limiter l'accessibilité au tabac et en particulier dans les établissements comme les boîtes de nuit, où les jeunes vont très souvent". 

Le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert a fait valoir pour sa part que les points de revente concernés par l'amendement étaient aujourd'hui "obligés de vendre plus cher" le tabac et a jugé qu'il était quand même "à prévoir que ceci pourrait éventuellement conduire à développer et à favoriser les achats illégaux".

Il a signalé qu'il y avait "environ 26.000 points de vente concernés" par les amendements, listant les cafés, les restaurants, les établissements pénitentiaires ou encore les stations services. "Le gouvernement est défavorable à cet amendement, dont je ne crois pas savoir qu'il est demandé par les buralistes", a-t-il ajouté.

J.M. avec AFP