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Le patron de Coca-Cola passe la main

Muhtar Kent (à droite) laisse les rênes de la compagnie à James Quincey (à gauche)

Muhtar Kent (à droite) laisse les rênes de la compagnie à James Quincey (à gauche) - Coca-Cola

Muhtar Kent, qui dirigeait le groupe depuis 2008 cédera les rênes de l'entreprise le 1er mai prochain. Une décision qui survient alors que le géant des boissons sucrées tente de se relancer.

Voilà une décision qui a pris tout le monde de court. Le géant des boissons non-alcoolisées Coca-Cola, qui essaie de relancer difficilement les ventes de ses sodas, a annoncé ce vendredi 9 décembre le départ inattendu de son PDG Muhtar Kent.

Il va céder ses fonctions de directeur général à son numéro 2, James Quincey, 51 ans, à compter du 1er mai 2017 mais gardera la présidence du conseil d'administration.

"Nous sommes convaincus que James Quincey est bien préparé pour ces nouvelles responsabilités et est le bon choix pour diriger l'entreprise à l'avenir", affirme Muhtar Kent, 64 ans, cité dans le communiqué.

La confiance de Warren Buffett

Nommé directeur des opérations en août 2015, James Quincey avait été ainsi adoubé comme le favori pour remplacer Muhtar Kent mais rien ne laissait entendre que la succession interviendrait aussi rapidement.

Fragilisé depuis deux ans en raison des difficultés du groupe à renouer avec sa croissance passée, Muhtar Kent avait réussi à garder son poste grâce au soutien du milliardaire Warren Buffett, premier actionnaire de Coca-Cola. Warren Buffett lui avait en effet jusqu'ici gardé sa confiance malgré une campagne virulente du fonds activiste Wintergreen Advisers qui était allé jusqu'à demander aux autres actionnaires de s'opposer à la rémunération de 25,2 millions de dollars que devait percevoir Muhtar Kent au titre de 2015.

Pour David Winters, le patron de Wintergreen, la relance de Coca-Cola devait passer par du sang neuf. "Muhtar (Kent) a été un excellent intendant pour les activités de Coca-Cola lors des huit dernières années (...) mais je connais James et l'apprécie et suis persuadé que l'entreprise a fait un investissement malin pour son avenir en le choisissant", a réagi Warren Buffett.

Une période difficile pour Coca

Coca-Cola, un des symboles du "soft power" américain (puissance douce) avec McDonald's et Hollywood, essaie depuis plusieurs mois de trouver la formule magique pour relancer des ventes affectées par le dollar fort qui rogne les revenus engrangés à l'étranger (plus de 60% du chiffre d'affaires).

Le fabricant de Fanta et Sprite pâtit également du fait que de plus en plus de consommateurs associent les sodas à des maladies telles que l'obésité et le diabète. À ceci s'est ajoutée la problématique sur les édulcorants contenus dans certains sodas dont Coca-Light.

Coca-Cola a réagi en diminuant en Amérique du nord la taille de ses bouteilles et propose davantage de petites canettes. Muhtar Kent a surtout décidé de faire des économies en recentrant les activités sur la seule vente lucrative des sirops aux entreprises qui produisent, embouteillent et écoulent les boissons.

Il a cédé les activités d'embouteillage en Chine et en Amérique du nord pour économiser en tout 3 milliards de dollars d'ici 2020.

J.M. avec AFP