BFM Business

Le créateur d'Outox, la boisson "anti-gueule de bois" à nouveau condamné?

Outox est soi-disant dégrisant.

Outox est soi-disant dégrisant. - Bertrand Langlois - AFP

Le soda soi-disant "dégrisant" avait fait polémique à son lancement sur le marché en 2010. Le tribunal correctionnel de Versailles doit rendre mardi son délibéré dans affaire où le PDG est accusé de "pratique commerciale trompeuse".

Le tribunal correctionnel de Versailles doit rendre mardi son délibéré dans une affaire de "pratique commerciale trompeuse" dans laquelle est mis en cause le PDG de la société produisant l'Outox, soda soi-disant "dégrisant" qui avait fait polémique à son lancement sur le marché en 2010.

Déjà condamné en janvier 2016 en son absence, le septuagénaire, poursuivi pour des publicités ayant accompagné le lancement de son produit de juin 2010 à novembre 2011, avait demandé à être rejugé. Le ministère public avait requis à l'audience début septembre six mois de prison avec sursis et 37.000 euros d'amende. La défense avait plaidé la relaxe ou la dispense de peine. La Direction départementale de la protection des populations s'est portée partie civile.

À sa sortie sur le marché français en juin 2010, l'Outox, composé notamment de fructose et d'acide ascorbique, était présenté par ses promoteurs comme un "safety drink" (boisson de sécurité) permettant d'"accélérer la baisse naturelle du taux d'alcool" et de "prévenir les lendemains difficiles".

Aucune étude scientifique n'apportait la preuve

Dans un avis publié en octobre 2010, l'Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses) avait souligné qu'aucune étude scientifique n'apportait la preuve que le mélange fructose/vitamine C ait un effet notable sur le taux d'alcool dans le sang.

Cet avis avait conduit la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à demander à la société commercialisant l'Outox de supprimer ces allégations.

À l'époque, l'entrepreneur Maurice Pena Ruiz avait déploré qu'Outox France soit "devenu le bouc émissaire des organismes d'État qui préfèrent s'attaquer à un safety drink qui atténue les effets négatifs de l'alcool plutôt qu'à l'alcool lui-même". Après discussion, sa société avait revu ses slogans, notamment en remplaçant la mention "fait baisser le taux d'alcoolémie" par "accélère la baisse naturelle du taux d'alcool".

La boisson, essentiellement vendue en Bretagne et sur internet et un temps vendue en Italie, n'est plus commercialisée actuellement. Elle a notamment cessé de l'être en France en juin 2011, selon une source proche du dossier.

D. L. avec AFP