BFM Business

Le Covid soutient restauration rapide, livraison, drive et vente à emporter

Le chef Olivier Nasti dans son restaurant "Le Chambard" à Kaysersberg, pendant le premier confinement, en avril 2020

Le chef Olivier Nasti dans son restaurant "Le Chambard" à Kaysersberg, pendant le premier confinement, en avril 2020 - Frederick Florin - AFP

En 2020, la restauration rapide a attiré 43% des visites de consommateurs du secteur, contre 36% l'année précédente. Les livraisons ont quant à elle progressé de 25%.

La pandémie de Covid-19 a fait gagner des parts de marché à la restauration rapide et propulsé la livraison à des niveaux inédits, des tendances de fond impulsées par une crise qui a "profondément secoué le marché", selon une étude de NPD Group. "Frappée de plein fouet" par la crise sanitaire, la restauration a pu "limiter les dégâts grâce à la vente à emporter", constate le spécialiste des études de marché dans son bilan de la restauration hors domicile (RHD) hexagonale pour 2020.

L'activité du secteur, qui en 2019 représentait 57 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France, s'est contractée de 38% pour tomber à 35,6 milliards d'euros, avec une chute de fréquentation évaluée à 35%. Dans ce contexte particulièrement difficile, la restauration rapide a vu l'an dernier croître sa fréquentation, en attirant 43% des visites de consommateurs contre 36% l'année précédente. Seule à "progresser dans ce marché fragilisé", elle l'a fait au détriment de la restauration à table et d'entreprise.

Et alors que la restauration à table perdait la moitié de sa fréquentation et de son chiffre d'affaires en 2020, la restauration rapide, soutenue par la vente à emporter, n'en a perdu qu'un quart. Le "coup d'accélérateur" donné par la crise sanitaire a permis à la vente à emporter de doubler ses parts de marché, grimpant à 30% de la restauration à table en 2020, et permettant "à de nombreux établissements de limiter leurs pertes", commente Maria Bertoch, experte du secteur chez NPD Group.

+25% pour les livraisons

"Avec l'arrivée de nouveaux acteurs plus traditionnels, l'offre à emporter s'est élargie pour proposer des plats réconfortants et plus élaborés (poulets rôtis, couscous, choucroute...) à des prix concurrentiels par rapport à la restauration rapide", dit-elle. Quant aux commandes livrées, elles ont bondi de 25%, tant en dépenses qu'en visites, du fait de l'arrêt du service en salle, notamment au déjeuner, nombre de restaurants d'entreprises ayant aussi fermé.

Prisé pour sa sécurité sanitaire en ces temps de pandémie -ni file d'attente ni contact- le "drive" s'est imposé avec sa "prise de commandes tout au long de la journée, idéale pour les temps de pauses morcelés par le télétravail". Pendant le deuxième confinement (novembre-décembre), le déjeuner livré a bondi pour atteindre 31% des commandes livrées, sur un an.

Après un "effondrement du marché de 71% en visites" lors du premier confinement" de mi-mars à mai, la réouverture des établissements n'a pas permis de retrouver le niveau d'avant-crise: "restrictions de plus en plus sévères -réduction du nombre de tables, couvre-feux...-, tourisme en perte de vitesse et climat sanitaire tendu" ont fait reculer la fréquentation de 28% de juin à octobre.

Lors du deuxième confinement, les professionnels qui s'étaient adaptés ont pu "limiter les dégâts", avec une chute de fréquentation moindre qu'au premier (-43%). En 2021, restauration rapide, à emporter, et livraison, "encore sous-développée" en France par rapport au Royaume-Uni par exemple, devraient encore se renforcer, et la "déstructuration des repas" se poursuivre avec le télétravail.

P.L. avec AFP