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Lactalis: une autre tour de séchage de l'usine de Craon également contaminée aux salmonelles

Lactalis, un géant mondial du lait, dont le siège est basé à Laval (France)

Lactalis, un géant mondial du lait, dont le siège est basé à Laval (France) - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Lactalis, mis en cause dans l'affaire du lait infantile contaminé, a contesté "fermement" vendredi un compte rendu de la Direction générale de la Santé évoquant des produits contaminés dans sa tour de séchage n°2. La DGS a elle-même reconnu que ce "compte rendu comportait une erreur d'interprétation des propos tenus en séance" et évoqué des "autocontrôles environnementaux, n'impliquant pas la tour elle-même, mais l'environnement de production".

Retour du scandale pour Lactalis, qui a repris la production de produits laitiers dans son usine de Craon en juillet dernier, plus de neuf mois après l'afaire du lait infantile contaminé.

Ce vendredi, on apprenait que, selon un rapport de la Direction générale de la Santé qui a fuité, la seule des deux tours du site qui a été relancée aurait, elle aussi, été contaminée aux salmonelles. Et la direction du groupe était au courant: en effet, Lactalis aurait repéré deux types de salmonelles dans des produits fabriqués par la tour n°2 de son usine de Craon lors d’autocontrôles réalisés un peu avant le début de l’affaire.

Le groupe, qui dans un premier temps indiquait ne pas avoir connaissance de ces documents, a finalement affirmé "contester fermement" ses conclusions ce vendredi.

La DGS elle-même est revenu sur les conclusions de son rapport un peu plus tard dans la journée: elle a reconnu que ce "compte rendu comportait une erreur d'interprétation des propos tenus en séance" et évoqué des "autocontrôles environnementaux, n'impliquant pas la tour elle-même, mais l'environnement de production".

"S'il y a bien eu des autocontrôles positifs dans l'environnement de la tour n°2 en aucun cas il y a eu mise en évidence de salmonelle dans les produits fabriqués par la tour n°2" de l'usine de Craon "avant déclenchement de la crise début décembre", martèle Lactalis.

Le groupe laitier estime avoir été mis en cause dans une information tirée "d'une phrase inexacte d'un compte-rendu de la Direction Générale de la Santé du 27 décembre 2017", et regrette la reprise d'une "information erronée qui lui porte préjudice".

Lactalis a toujours assuré que le phénomène de contamination était limité à la tour n°1. "Je reste sur des éléments factuels. Ce document est un élément officiel, et sur lequel on peut se baser. C'est un élément extrêmement important parce qu'il remet en cause l'ouverture d'usine", a réagi vendredi le président de l'association des familles victimes du lait contaminé, Quentin Guillemain.

Déjà en avril 2018, la détection de salmonelle dans "l'environnement" de la tour n° 2 était pointée dans le rapport de la commission d'enquête du Sénat. "Le 21 décembre 2017, suite à la détection de la bactérie dans l'environnement de la tour n° 2, le groupe Lactalis annonce généraliser le retrait-rappel à l'ensemble des produits fabriqués ou conditionnés sur la partie du site Lactalis Nutrition Santé depuis le 15 février 2017", expliquait-elle aux sénateurs.

Suite au scandale lié à la contamination à la salmonelle agona, Lactalis avait été contraint d'arrêter sa production à l'usine de Craon en décembre 2017 et de rappeler l'ensemble de la production de lait infantile de cette usine.

N.G.