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La tension monte entre Leclerc et la FNSEA

Michel- Edouard Leclerc s'oppose à une augmentation des prix.

Michel- Edouard Leclerc s'oppose à une augmentation des prix. - Eric Piermont - AFP

La présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole, a dénoncé l'attitude du patron du groupe Leclerc, qu'elle juge "scandaleuse".

Christiane Lambert est furieuse. La présidente de la FNSEA juge "scandaleuse" l'attitude de Michel-Edouard Leclerc, qu'elle accuse de refuser toute augmentation tarifaire qui permettrait de valoriser les productions agricoles en crise.

Pour la cheffe de file du premier syndicat agricole en France, Michel-Edouard Leclerc est "insolent et provocateur" et "son attitude -avec son credo sur les prix les plus bas- est scandaleuse". Des propos tenus lors du Sommet de l'Élevage près de Clermont-Ferrand, à peu près au moment où Michel-Edouard Leclerc critiquait une nouvelle fois depuis Paris les États généraux de l'alimentation.

Ce dernier a en effet estimé que l'"on se trompait de manière de faire" lors de ces États généraux, en focalisant les enjeux autour de la question du prix, qui "n'est pas suffisante", selon lui.

"Il y a eu trop de perte de valeur"

Christiane Lambert, venue soutenir les éleveurs français à Cournon d'Auvergne, s'est, elle, félicité de ces États généraux qui ont "apporté des débats nouveaux et des constats partagés". Mais, interrogée sur la réalité de la mise en oeuvre de mesures de soutien rapides aux agriculteurs, elle a admis que si le président Emmanuel Macron s'exprimait le 11 octobre, "les choses n'auront pas changé le 12".

"La question est de savoir si le gouvernement va mettre le genou à terre devant M. Leclerc ou pas. Nous ne le voulons pas. Il y a eu trop de perte de valeur" dans la chaîne production-alimentation-distribution, a-t-elle dit, "c'est insupportable".

La FNSEA demande une série de mesures destinées à soutenir le revenu agricole. Le syndicat souhaite l'ouverture de négociations pour réformer le droit de la concurrence européen, l'instauration de sanctions pour prix abusifs, l'encadrement des promotions dans la distribution, et la prise en compte des coûts de production agricole dans la construction du prix payé par l'agroalimentaire et la distribution.

Y.D. avec AFP