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Christiane Lambert (FNSEA) veut en finir avec le "dogme du prix bas"

Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, était l'invitée de BFM Business ce jeudi.

Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, était l'invitée de BFM Business ce jeudi. - BFM Business

Récemment élue à la tête de la FNSEA, Christiane Lambert souhaite désormais peser pour redresser l’agriculture française. Invitée de BFM Business ce jeudi, la dirigeante a livré le fond de sa pensée.

Les Français doivent-ils se résoudre à payer plus cher les produits issus de l’agriculture française? Pour Christiane Lambert, la réponse est évidemment oui. Et, invitée ce jeudi de BFM Business, la nouvelle patronne de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) s'est appliquée à expliquer pourquoi il ne peut en être autrement.

"Il y a plusieurs clés. Oui, l’investissement est source de meilleurs résultats. Mais pour investir, il faut avoir des entreprises profitables et gagner de l’argent", souligne-t-elle. "En France, malheureusement, le dogme du prix bas sévit beaucoup trop. Maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs et appauvrir tout le secteur primaire en créant du chômage, ce n’est pas la solution".

"Plus vert, c’est plus cher"

Cette éleveuse de porcs, qui a pris la tête de la FNSEA après la mort de Xavier Beulin, insiste sur un point clé à ses yeux: "La majorité des exploitations agricoles travaillent à perte car les grands distributeurs imposent des prix bas aux industriels qui achètent nos produits. Ce dogme du prix bas est destructeur".

"Il faut remettre les prix en marche avant", insiste-t-elle. "Plus vert, c’est plus cher. En France, nous sommes les champions de la qualité. Quand vous achetez un vêtement français, vous le payez plus cher. Les chaussures françaises, vous les payez plus cher. Les produits agricoles français nécessitent aussi des prix plus élevés".

"Nous avons des dispositifs de qualité, de sécurité, de normes, etc. La main d’œuvre française est également plus chère, les investissements aussi" rappelle-t-elle avant de demander à ses compatriotes de se montrer cohérents: "Il faut que les consommateurs français ne soient pas, d'un côté, très exigeants quand ils nous demandent des conditions de production, tout en faisant la course au prix le plus bas."

Y.D.