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La relève familiale est assurée pour le groupe de Louis Nicollin

La relève familiale à la tête du groupe dont Louis Nicollin avait repris les rênes en 1977, est assurée par son fils, Olivier, directeur général.

La relève familiale à la tête du groupe dont Louis Nicollin avait repris les rênes en 1977, est assurée par son fils, Olivier, directeur général. - Pascal Guyot-AFP

Le décès de Louis Nicollin, qui avait repris les rênes de l'entreprise de son père en 1977, clôt un cycle de 40 ans. Familial, non coté, le groupe devenu numéro trois de la propreté urbaine était de fait dirigé par l'un de ses deux fils, Olivier, propulsé directeur général en 2013.

Décédé le jour de ses 74 ans, Louis Nicollin a incarné pendant 40 ans le groupe de propreté éponyme qu'il avait développé. Il en avait repris les rênes en 1977. Cette année-là, il succède à son père qui avait développé l'entreprise Nicollin depuis sa création en 1946. Présente à l'origine dans le négoce de charbon, elle s'est vite reconvertie dans le nettoiement urbain à la suite d'une grève des éboueurs à Lyon en 1949.

Débarqué en 1967 à Montpellier, où le groupe avait pris le marché municipal de collecte des ordures, Louis Nicollin y développe la société familiale, aujourd'hui spécialisée dans le nettoyage, le ramassage et le retraitement des déchets. Il en étend progressivement les activités sur l’ensemble de l’Hexagone au gré des marchés publics passés par les collectivités.

En 1974, il conquiert Versailles et rachète le club de La Paillade

L'année 1974 marque un double tournant historique pour Louis Nicollin. Le groupe remporte le marché du nettoiement urbain de la ville de Versailles, sa première incursion symbolique au nord de la Loire. Lui-même prend cette année là, la présidence du club de football de La Paillade (alors en division d'honneur) à Montpellier. Devenu en 1989 le Montpellier Hérault Sport Club (MSHC), le club est couronné par un titre de champion de France en 2012.

L'audience médiatique (et les excès verbaux du truculent président de club qu'il fut) que lui a procurée la présidence du MHSC, aura été sa meilleure alliée pour se faire connaître des collectivités locales, ses principaux clients.

Le groupe Nicollin affiche un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et compte 5000 salariés. Au fil du temps, la société, qui est restée familiale, a étendu son activité sur l'ensemble de la chaîne de traitement des déchets. Nicollin s'était aussi diversifié en 1988 dans le nettoyage industriel en acquérant Sud Service, activité générant à ce jour un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros.

Pendant plus de 20 ans, de 1992 à 2013, son grand rival Sita (devenu Suez Environnement puis Suez), deuxième acteur français de la propreté, a eu 36% du capital du groupe Nicollin, part qu'il a finalement revendue.

Un groupe qui se diversifie par petites touches

Le groupe a aujourd'hui pour actionnaires, BPIFrance, Sofilaro (Crédit Agricole), le fonds régional Soridec et BNP Paribas développement. Il est resté contrôlé et piloté par la famille Nicollin qui a toujours pratiqué la diversification par petites touches.

Le groupe, non coté et très discret sur ses chiffres (son site Internet ne mentionne pas le détail de la composition de son actionnariat) est dirigé de fait par Olivier, l'un des deux fils de Louis Nicollin, devenu directeur général en 2013. Son autre fils, Laurent, bien que dirigeant les activités des centres du groupe en Languedoc-Roussillon, s'est plus investi dans le football qu'affectionnait son père puisqu'il est président général délégué du Montpellier Héraut Sport Club. Il devrait succéder à son père à la présidence.

Frédéric Bergé