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La banane bio venue des Antilles françaises arrive sur le marché

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Les producteurs de bananes de Martinique et Guadeloupe ont présenté au Salon de l'agriculture une nouvelle variété de banane "bio". Issue de 20 ans de recherche et n'exigeant plus de produits phytosanitaires pour sa production, elle sera vendue par Carrefour.

La banane bio est lancée par les producteurs de Antilles françaises après 20 ans de recherche. Issue d'un long partenariat entre l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBAN) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), cette banane, baptisée "Pointe d'or", sera commercialisée dès la semaine prochaine en Ile-de-France, a expliqué Pierre Monteux, directeur général de l'UGPBAN, lors du salon de l'Agriculture.

"Nous vivons une révolution dans l'histoire de la banane mondiale", a affirmé Eric de Lucy, président de l'UGPBAN. "C'est 20 ans de recherche pour mettre au point une banane complètement naturelle" a-t-il ajouté.

La "Pointe d'or" a été adaptée aux conditions tropicales

La nouvelle variété, qui sera vendue par Carrefour en exclusivité durant un an selon le site spécialisé LSA, est issue de croisements naturels d'anciennes variétés de bananes, a souligné Michel Eddi, PDG du Cirad. Alors que la totalité de la production de bananes vendue dans le monde est issue d'une seule variété, la Cavendish, "celle-ci c'est la diversité, c'est l'alternative", vante-t-il.

L'objectif était de mettre au point une banane adaptée aux conditions climatiques tropicales sans produit phytosanitaire et résistante aux maladies, dont la cercosporiose noire, un champignon très présent dans les pays humides, et face auquel aucun traitement bio n'existe.

La banane bio des Antilles brunit plus vite au toucher

Marcus Hery, directeur de l'Institut technique tropical (IT2), chargé de mettre en place tout le processus agronomique pour produire en grande quantité (fertilisation azotée à base de résidus de cannes à sucre, etc.), et pour l'exportation (mûrissement, transport) confirme: "Dans le monde bananier, il y a une seule variété depuis 50 ans. C'est une prouesse de pouvoir produire différemment".

Plus petite que la Cavendish, la "Pointe d'or", a "un goût plus intense" et "plus fondant en bouche", explique-t-il. Mais elle est aussi plus fragile et brunit plus vite au toucher.

"On demande aux consommateurs d'être tolérants", plaide Tino Dambas, cultivateur de bananes en Guadeloupe, l'un des six producteurs (trois en Guadeloupe, trois en Martinique) qui se sont lancés dans la production de cette nouvelle banane. "C'est une rupture totale avec la banane conventionnelle".

Une réponse aux bananes bio extra-communautaires

Celle nouvelle banane se veut aussi une réponse aux bananes bio extra-communautaires, venues par exemple du Brésil ou de République dominicaine, et qui obtiennent des "équivalences bio" en entrant sur le marché européen, alors qu'elles "ne sont pas aux normes d'un produit bio européen", d'après Eric de Lucy. "Nous, on doit répondre au cahier des charges de l'UE, avec des règles de maîtrise phytosanitaire extrêmement sévères", souligne-t-il.

Au total, les Antilles produisent actuellement 35 hectares de cette nouvelle variété de banane (20 en Guadeloupe, 15 en Martinique), soit environ 1.000 à 1.200 tonnes attendues pour 2020. La production totale des Antilles atteint environ 250.000 tonnes produites par an tandis que la production mondiale est d'environ 110 millions de tonnes.

F.B avec AFP