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L’UE s'élève contre les coûteuses frontières aux achats en ligne

La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse en janvier 2016.

La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse en janvier 2016. - AFP-Emmanuel-Dunand

"La Commission européenne menace d’amendes les e-commerçants qui pratiquent le "blocage géographique" pour empêcher les clients d’acheter moins cher dans un pays tiers. Objectif: harmoniser les prix."

La Commission européenne veille au grain pour assurer aux consommateurs les meilleures offres possibles en ligne. Et le "blocage géographique" est dans son viseur. Il s’agit d’une pratique de certains commerçants consistant à empêcher les consommateurs d’acheter en ligne dans un autre pays que celui où ils se trouvent, quitte à les faire payer plus cher. La Commission dénonce ces pratiques dans un communiqué paru ce vendredi à la suite d'une vaste enquête lancée en mai 2015. Elle espère harmoniser les prix.

Elle souligne ainsi que le "blocage géographique, pratique répandue dans l'Union européenne (...) s'explique en partie par la décision unilatérale de certaines entreprises de ne pas vendre à l'étranger mais aussi par les obstacles contractuels qui, érigés par les entreprises, empêchent les consommateurs de faire leurs achats en ligne par-delà les frontières intérieures de l'Union européenne".

Pratiques anticoncurrentielles 

Voici donc le consommateur européen victime de pratiques anticoncurrentielles. De fait, la location d’une même voiture peut coûter davantage en fonction du pays depuis lequel l’internaute se connecte pour la réserver. Cela a été constaté sur des services numériques comme sur la vente de biens de consommation, après l’interrogation de plus de 1.400 sociétés des 28 pays de l’UE. Précisément, 38% des détaillants interrogés vendant des biens de consommation et 68% des fournisseurs de contenu numérique ont indiqué recourir au blocage géographique à l'égard des consommateurs situés dans d'autres États membres de l'Union.

De quoi faire bondir l'intraitable commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, qui menace d'ouvrir des enquêtes contre des sociétés impliquées dans le blocage géographique. Celles-ci pourront se solder par des amendes si les pratiques anticoncurrentielles sont avérées.

Marché unique du numérique

Cette surveillance avait été enclenchée dans le cadre d’un vaste plan d'action pour créer un marché unique du numérique de l'Union européenne en mai 2015. La Commission européenne avait alors insisté sur l'amélioration de l'accès aux biens et services numériques dans toute l'Europe pour les consommateurs et les entreprises.

A.R. avec AFP