BFM Business

L'Oréal va tester ses shampoings avec des cheveux produits in vitro

L’Oréal s'allie avec une start-up girondine spécialisée dans la bio-impression de tissus biologiques assistée par laser pour pouvoir reproduire un follicule pileux.

L’Oréal s'allie avec une start-up girondine spécialisée dans la bio-impression de tissus biologiques assistée par laser pour pouvoir reproduire un follicule pileux. - Daniel Janin-AFP

Le géant des cosmétiques s'allie à une start-up française pour "bio-imprimer" le follicule pileux donnant naissance au cheveu. Son but: tester ses produits capillaires. L'Oréal a déjà noué en 2015 un partenariat aux États-Unis pour produire des échantillons de peau reconstruite.

L'Oréal s'intéresse tellement au cheveu qu'il veut en reproduire in vitro en laboratoire. Le géant français des cosmétiques est allé chercher la collaboration de Poietis, une start-up de la région bordelaise qui travaille sur la reproduction de tissus biologiques.

La technologie mise au point par Poietis s'inspire de l'impression 3D via un procédé novateur de fabrication additive. Elle consiste à bio-imprimer avec l'assistance d'un laser, des tissus biologiques comme la peau. Cette bio-impression s'effectue par dépôts successifs de micro-gouttes d’encres biologiques contenant quelques cellules, couche par couche, par un balayage rapide du faisceau laser.

Le "tissu biologique vivant ainsi créé, entre ensuite dans un processus de maturation d’environ 3 semaines avant d’être exploitable pour des tests" précise les deux partenaires qui ont l'ambition "d'aboutir à l'obtention d'un follicule fonctionnel capable de produire du cheveu". Ce procédé de reproduction intéresse au plus haut point L'Oréal car le follicule pileux s'avère complexe, sa structure étant composée de 15 types cellulaires différents, et son fonctionnement cyclique.

Produire des cheveux in vitro permettrait à L'Oréal de tester sur ces échantillons de cheveu "imprimés" à partir de cellules des molécules innovantes, par exemple pour de futurs shampooings. L'industriel enrichirait aussi ses connaissances dans les processus de la pousse, du vieillissement et de la chute des cheveux.

L'Oréal investit déjà dans des technologies de culture cellulaire pour produire des échantillons de peau "reconstruite". Le géant a signé en 2015 un contrat de coopération avec une start-up californienne Organovo pour reproduire de l’épiderme et tester ses cosmétiques sur ces échantillons de peau bio-imprimée. 

Pionnier de la bio-impression 3D par laser, Poietis est l'un des lauréats du concours national de création d'entreprises de technologies innovantes du ministère de la Recherche. Fondée en 2014 par un ancien chercheur de l'Institut national de santé et de recherche médicale (Inserm), cette start-up a déjà conclu en 2015 un accord de codéveloppement dans les peaux "reconstruites" avec le géant allemand de la chimie BASF.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco