BFM Business

L'eusko, la nouvelle monnaie du Pays basque

Pour promouvoir l'économie locale, le pays basque vient de mettre en circulation un nouveau moyen de paiement, les euskos.

Pour promouvoir l'économie locale, le pays basque vient de mettre en circulation un nouveau moyen de paiement, les euskos. - -

Le Pays basque a lancé, jeudi 31 janvier, sa propre monnaie. Elle n’est pas destinée à supplanter l’euro mais doit servir, selon l’association Euskal Moneta, à doper l’économie et la culture locale.

Le Pays basque vient d’entrer dans la zone eusko, ce jeudi 31 janvier. Cette monnaie locale, ou plus précisément ce titre de paiement, est promue par l’association Euskal Moneta. Elle se décline en billets de un, deux, cinq et 20 euskos, tous dotés des dispositifs de sécurité tels que le filigrane et l’encre phosphorescente pour éviter les contrefaçons. "Nous n’avons pas fait de pièces, cela nous revenait trop cher", explique Dante Edme-Sanjurjo, co-président de l’association.

Concrètement, la valeur de l’eusko est calée sur celle de l’euro et la masse monétaire mise en circulation s’élève à 126 500 euskos.

Cette monnaie fonctionne dans un circuit parallèle, entre membres de l’association (particuliers, commerçants et entreprises) qui adhèrent au concept de l’économie solidaire. En effet, le client qui choisit de payer en eusko sait que 3% de la somme qu’il dépense ira dans les caisses d’une association locale de son choix. Par ailleurs, la conversion de l’eusko en euro est pénalisée par une commission de 5%, pour inciter ses détenteurs à les réinvestir dans le circuit local.

Une monnaie écologique

De leur côté, les professionnels qui adhèrent à la monnaie basque s’engagent à privilégier le "fabriqué sur place" et ainsi défendre l’emploi local.

"En plus d’éviter les délocalisations, le système de l’eusko permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en évitant le transport des marchandises", met en avant Dante Edme-Sanjurjo. Les entreprises doivent aussi s’engager à promouvoir la culture basque, en accueillant leurs clients dans la langue régionale, en privilégiant l’affichage bilingue sur leurs produits …

D’un point de vue comptable, la gestion de cette double monnaie ne doit poser aucun souci aux entreprises. "Nous nous sommes attachés les conseils de deux experts-comptable et d’un commissaire aux comptes. En fait la trésorerie et leur chiffre d’affaires s’expriment en euros, tout comme leurs déclarations fiscales", explique Dante Edme-Sanjurjo.

Un argument pour s'imposer face à la grande distribution

Déjà 190 entreprises basques ont rejoint le circuit de l’eusko, et de nombreuses demandes n’ont pas pu encore être examinées. "En fait la demande est très forte, notamment auprès des commerçants, qui y voient un atout pour concurrencer la grande distribution", expose le co-président.

Mais il note une carence dans les entreprises œuvrant dans la petite industrie. "En fait, cela s’explique par la nature du tissu économique du pays basque, qui est surtout composés d’entreprises dans l’agro-alimentaire et dans le textile", reconnaît-il.

En tout cas l’expérience pourrait s’étendre. La région voisine du Bearn s’est notamment montrée très intéressée.

Coralie Cathelinais