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L’enseigne Boulanger épinglée par la CNIL pour des commentaires "excessifs" sur ses clients

La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin.

La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin. - Stéphane de Sakutin - AFP

"N’a pas de cerveau", "cliente avec problème cardiaque", "client alcoolique"... A la suite d’une plainte, la CNIL indique avoir retrouvé des "propos insultants" envers des clients dans les fichiers de la chaîne de magasins d’électroménager.

L’enseigne Boulanger épinglée. La présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a mis en demeure la chaîne de magasins d’électroménager Boulanger "de ne plus enregistrer de commentaires excessifs sur ses clients", annonce la CNIL jeudi dans un communiqué publié sur son site internet.

En cause: des notes comportant des "propos insultants" envers un certain nombre de ses clients dans les fichiers de la société. "A la suite d’une plainte faisant état d’éventuels commentaires relatifs aux clients de la société Boulanger la CNIL a effectué un contrôle sur place auprès de la société, ainsi que des constatations en ligne sur le site internet boulanger.com", indique la CNIL.

"Le client est chiant", "folle", "fort accent africain"...

"Ces vérifications ont permis de relever plusieurs manquements à la loi Informatique et Libertés", ajoute la Commission. "En particulier, les fichiers de la société comportaient de nombreux commentaires excessifs sur ses clients, comme par exemple 'n’a pas de cerveau', 'cliente avec problème cardiaque', 'client alcoolique' ou encore des propos insultants'", est-il encore écrit dans ce texte.

La Commission fournit plus de détails dans le texte de la décision mettant en demeure la société Boulanger. "La délégation a constaté, dans le menu 'intervention' la présence de 5.828 commentaires non pertinents", est-il précisé. Entre autres: "le client est chiant", "folle", "fort accent africain", "cliente de confession juive", "me passe son mari atteint de Parkinson"...

Trois mois pour "se conformer à la loi"

La CNIL demande donc à la société "de se conformer à la loi dans un délai de 3 mois, en prenant les mesures nécessaires afin que ses fichiers ne contiennent plus de commentaires excessifs, par exemple en mettant en place un système de détection automatique du type filtre."

La Commission rappelle toutefois que "cette mise en demeure n'est pas une sanction". "Aucune suite ne sera donnée à cette procédure si la société se conforme à la loi dans le délai imparti", note-t-elle. Mais si finalement Boulanger ne s'y pliait pas, elle pourrait décider de "sanctionner les manquements à la loi Informatique et libertés".

Contactée ce jeudi soir, la société Boulanger n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter cette information.

V.R.