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JCDecaux publie des résultats "spectaculaires" pour 2019 mais pourrait souffrir en 2020

Si l'année 2019 a été particulièrement fructueuse pour le géant français de l'affichage publicitaire, l'impact du coronavirus aurait déjà fait perdre 10% du chiffre d'affaires du groupe au 1er trimestre 2020.

Le géant français de l'affichage publicitaire JCDecaux a publié jeudi un bénéfice net record de 265,5 millions d'euros en 2019 et un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, les "meilleurs résultats depuis sa cotation", selon un communiqué.

"Une très belle année 2019. On l'avait d'ailleurs anticipé" se félicite Jean-Charles Decaux, co-directeur général de JCDecaux, sur le plateau de Good Morning Business, ce jeudi matin. "Mais c'est vrai que ce sont des résultats qui sont assez spectaculaires puisque, à la fois le chiffre d'affaires, à la fois le résultat d'exploitation mais aussi le résultat net sont en progression." 

Le secteur du digital (33% de croissance par rapport à 2018), mais aussi le traditionnel affichage, ont ainsi bien fonctionné. Le groupe a affiché un bénéfice net record de 265,5 millions d'euros, en progression de 34,6%.

De 14 millions à 2 millions de passagers dans le métro

Le chiffre d'affaires ajusté - indicateur privilégié par le groupe car comparable aux données historiques - s'élève à 3,9 milliards d'euros (+7,5%). En excluant l'impact positif lié à la variation des taux de change et aux changements de périmètre, il s'inscrit en hausse de 2%.

En revanche, l'année 2020 commence mal, avec l'apparition du coronavirus. Le chiffre d'affaires ajusté et à données constantes est donc attendu en baisse de 10% sur le 1er trimestre 2020, en raison de la forte baisse d'activité en Chine liée à l'épidémie, qui s'ajoute à des difficultés persistantes en Asie-Pacifique.

On est, par exemple, passé de "14 millions de passagers quotidiens dans le métro de Pékin et dans le métro de Shanghai" à "aujourd'hui autour de deux millions" explique Jean-Charles Decaux. La marge opérationnelle du groupe sera en conséquence affectée en 2020.

"On a fait des gestes commerciaux"

"La question est : de combien de temps dure ce trou d'air ? Et donc, nous les entreprises, qu'est-ce qu'on doit faire?" poursuit le co-DG. "D'abord, accompagner nos clients (...) on a fait des gestes commerciaux, on a fait des aménagements tarifaires (...) Le rebond arrivera, la question c'est quand".

L'activité en Asie-Pacifique (la première région en terme de chiffre d'affaires) avait déjà été fortement perturbée sur le second semestre 2019, notamment dans le métro à Hong Kong en raison des manifestations contre le pouvoir pro-Pékin qui ont été violemment réprimées, mais également d'un ralentissement économique en Australie.

Thomas Leroy