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Habitat: "Oui, il y a un business model pour Habitat" assure son PDG

Invité sur le plateau d'Inside, Hervé Giaoui assure que la chaine d'ameublement Habitat, que son propriétaire souhaite céder, a toujours un avenir. Mais pas forcément en France…

Pari perdu pour la Cafom. Le groupe d'Hervé Giaoui avait acquis Habitat en 2011 pour relancer l'entreprise. Sans succès puisque la Cafom cherche désormais un repreneur. "On a réussi certaines choses, on n'a pas tout réussi sur Habitat" reconnait le PDG sur le plateau d'Inside. "C'est clair, il nous a manqué à un certain moment de moyens financiers pour accélérer notre développement."

Au moment le plus critique, "un produit sur deux n'était pas disponible donc on livrait très mal (…) aujourd'hui, on est sorti de ce problème" assure désormais Hervé Giaoui.

Mais la charge semble trop importante pour le groupe Cafom qui "a préféré aller se focaliser sur les deux métiers où on excelle (Vente-unique.com et les magasins But et Darty en outre-mer) et laisser la main à un industriel qui aura les moyens et qui fera ce qu'il faut pour aller" explique Hervé Giaoui.

"Très attentifs à l'acquéreur"

Le patron a-t-il déjà une idée du profil du futur acquéreur ? "On n'a pas identifié le vendeur mais le profil, oui" assure-t-il. "Ce sera un industriel qui aura les moyens, au niveau européen et mondial, de développer et déployer la marque. Ça ne sera pas des fonds" insiste-t-il assurant qu'il allait "être très attentifs à l'acquéreur. On a travaillé sur la marque, on a souffert (…) il n'est pas question pour nous d'abandonner l'entreprise à n'importe qui."

Concernant les magasins, Hervé Giaoui laisse entendre que des fermetures sont possibles. "On ne va pas éviter de fermer des magasins" car "c'est clair qu'aujourd'hui, nous avons des magasins qui sont structurellement déficitaires et qui sont en négatif, en contribution".

"C'est clair aussi qu'on ne va pas faire des fermetures directement, ça va passer par des négociations avec les bailleurs" souligne-t-il. "On va voir quel est l'état d'esprit des bailleurs. S'ils ont compris que la situation n'est plus la même qu'il y a 10 ou 15 ans, et que le coût des loyers doit être réajusté par rapport au chiffre d'affaires réalisé, on pourra trouver des solutions intelligentes."

Se déployer vers l'international

La vraie question concerne le business model d'Habitat, coincé entre le haut-de-gamme et le très accessible, sans parvenir à trouver son public. "Oui, il y a un business model qui peut faire repartir la marque dans la mesure où, aujourd'hui, on a beaucoup de magasins qui sont rentables" assure Hervé Giaoui. "Ce qui nous coûte aujourd'hui, c'est le siège. Pour avoir une marque avec une collection, avec des produits dessinés, il y a des coûts fixes très importants. On est dans un situation où on n'est pas assez gros pour pouvoir exister."

La solution serait donc de se projeter vers l'international. "Le marché du meuble n'a pas bougé depuis 20 ans (…) c'est clair que le positionnement d'Habitat est très difficile en France mais l'acquéreur, ce n'est pas que la France" explique son patron. "Il ne faut pas se focaliser sur la France, il faut atteindre la taille critique, en dehors de la France. Si Habitat s'installe au Canada, il sera pile-poil dans le marché parce qu'on est dans un pays moins mature en terme de consommation et avec un pouvoir d'achat qui est nettement supérieur à ce qu'il se passe en France". Même chose pour l'Australie ou l'Inde. Et l'Europe ? "Il faut s'échapper de ces territoires" tranche Hervé Giaoui.

Thomas Leroy