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Fraude: les kiwis présentés comme d'origine française venaient... d'Italie

Environ 15.000 tonnes de kiwis faussement présentés comme d'origine française auraient été écoulés sur les étals dans l'Hexagone.

Environ 15.000 tonnes de kiwis faussement présentés comme d'origine française auraient été écoulés sur les étals dans l'Hexagone. - Georges Gobet-AFP

La DGCCRF a mis au jour un trafic faisant passer pour français des kiwis italiens, achetés moins chers et traités avec des pesticides interdits en France. Environ 15.000 tonnes de fruits ont été frauduleusement écoulées depuis trois ans par sept entreprises: deux italiennes et cinq françaises.

Les amateurs de kiwis, ce fruit dont les Français raffolent, ont de quoi être inquiets. Une vaste fraude a été découverte en 2018 par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) qui a fait passer pour français des kiwis produits en Italie. L'affaire, que révèle Le Parisien, met en cause sept entreprises qui, depuis trois ans, ont écoulé 15.000 tonnes de fruits faussement étiquetés comme étant d'origine française.

L'intérêt des fraudeurs était de grossir leurs marges en vendant à un prix plus élevé les kiwis prétendument français qu'ils achetaient moins cher en Italie, pays où plus de 400.000 tonnes de kiwis sont produites chaque année contre environ 45.000 tonnes dans l'Hexagone. 

Des montages sophistiqués organisés par les fraudeurs

La mise sur le marché d'importantes quantités de kiwis à la fin de la saison française a alerté les professionnels qui ont fait un signalement à la DGCCRF. Ses agents ont constaté la présence sur ces fruits de résidus de produits phytosanitaires dont l'utilisation est interdite en France ce qui leur a permis de mettre à jour le "trafic".

Dans cette affaire de kiwis "francisés", le Service national des enquêtes de la DGCCRF a réalisé plus de 40 interventions auprès de grossistes, d’introducteurs, de distributeurs et de conditionneurs. "Un signalement a également été adressé aux autorités italiennes à propos d’un fournisseur italien soupçonné de mettre sur le marché des kiwis italiens accompagnés de certificats français falsifiés. Il a été verbalisé par les autorités italiennes. Un second exportateur italien a été verbalisé par la DGCCRF pour tromperie. Concernant les opérateurs français, 5 procès-verbaux pour tromperie sur l’origine ont été dressés à l’encontre de 5 sociétés" explique le rapport 2018 de la direction de la répression des fraudes.

Des montages assez sophistiqués ont été mis au jour par les inspecteurs de la répression des fraudes pour aboutir à la mise en cause de ces sept entreprises dont les responsables risquent jusqu'à deux ans de prison et 300.000 euros d'amende.

Frédéric Bergé