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Et si les grand magasins parisiens restaient fermés le dimanche?

Le Printemps, situé sur le boulevard Haussmann à Paris, pourrait ne pas ouvrir le dimanche.

Le Printemps, situé sur le boulevard Haussmann à Paris, pourrait ne pas ouvrir le dimanche. - Jacques Demarthon - AFP

Les Galeries Lafayette, le Printemps, le Bon marché et le BHV sont tous implantés dans des zones qui, grâce à la loi Macron, leurs permettraient d’ouvrir tous les dimanches dès 2016. Pourtant leurs dirigeants craignent de ne pourvoir ouvrir face au blocus des syndicats.

Pas d’accord, pas d’ouverture. Les grands magasins parisiens pourraient ne pas ouvrir leurs portes tous les dimanches, comme les y autorise la Loi Macron à compter du 1er janvier 2016, selon des informations du Figaro (article payant). Pourtant, le Printemps et les Galeries Lafayette, tous deux situés sur le boulevard Haussmann à Paris, rentrent bien dans les limites des "zones touristiques internationales" ( ZTI) au nombre de 12 dans la capitale. De même que le Bon Marché rive Gauche et le BHV.

Mais le texte prévoit aussi qu’il est nécessaire d’obtenir un accord des syndicats, notamment pour fixer les compensations versées aux salariés qui se verraient privés du repos dominical. Or les dirigeants des grands magasins parisiens se trouvent confrontés à un mur, à en croire le Figaro. "Ils estiment qu'il leur sera très difficile d'obtenir l'accord des syndicats, que ce soit au niveau de leur branche, l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV) (où CGT et FO détiennent ensemble plus de 50 % des voix), ou au niveau de leur entreprise", note le quotidien.

Augmenter les contreparties versées aux salariés

La CFDT est très présente dans ces magasins, où elle a le pouvoir voir de faire pencher un accord d’entreprise dans un sens ou dans un autre. "Et sans la signature de nos représentants, il sera impossible de signer un accord dans ces trois entreprises", assure au Figaro Alexandre Torgomian, ex-représentant du syndicat commerce CFDT à Paris.

Une situation de blocage prévisible à laquelle les parlementaires avaient trouvés une parade. Lors de l’examen de la Loi Macron, le Sénat avait voté le principe de la tenue d’un référendum auprès des salariés en cas d’oppositions des syndicats au travail du dimanche. Mais le gouvernement a retiré cette mesure lors du retour du texte à l’assemblée.

Le rapport Bailly, remis fin 2013 à Jean-Marc Ayrault, avait lui aussi trouvé une parade à l’opposition des syndicats en donnant tous les pouvoirs aux employeurs sur la décision d’ouvrir le dimanche. Néanmoins il fallait faire appel uniquement à des salariés volontaires et doubler leur salaire ce jour-là. Seul moyen pour les grands magasins de venir à bout de ce bras de fer : augmenter les contreparties offertes aux salariés volontaires afin d'obtenir l'agrément des syndicats.

C.C.