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Comment Molotov compte devenir le Netflix des contenus gratuits

Le service de télévision en ligne se lance dans la VOD gratuite, en réalité financée par la publicité. Une façon de se démarquer des services de SVOD qui se multiplient sur le marché français.

Comment exister entre Netflix, Amazon Prime, Disney+ ou encore Salto ? Molotov fait le choix de la gratuité. L'entreprise française, connue pour permettre de regarder gratuitement les principales chaines de la télévision, se lance dans "l'advertising VOD" c'est-à-dire des "contenus à la demande financés par la publicité" explique Jean-David Blanc, le cofondateur et patron du groupe.

Baptisé Mango, le nouveau service offre déjà près d'un millier de programmes et des discussions sont déjà "avancées avec Sony Pictures" et débutent avec Wildbunch pour enrichir le catalogue. En échange, les utilisateurs seront donc contraints à regarder des publicités. Un modèle qui prend le contrepied des SVOD avec des abonnements payants mais qui affiche une forte croissance aux Etats-Unis, poussé par la "SVOD Fatigue", une trop grande offre qui finit par lasser les utilisateurs.

Quitte à inonder l'utilisateur de pubs ?

"Toute l'idée justement, c'est de la limiter au maximum" assure Jean-David Blanc. "Nous ce qu'on déteste chez Molotov ce sont les 'prerolls', c'est-à-dire des couloirs publicitaires avant même d'accéder au contenu. On s'est interdit d'en faire et les premières publicités commenceront à la dixième minute" pour s'imposer ensuite à l'utilisateur "toutes les 30 minutes".

Une bonne opération, visiblement, pour les ayants-droits, qui bénéficieront du fort trafic sur Molotov. "Le trafic de Molotov est tel aujourd'hui que les minima garantis auxquels ils ont traditionnellement l'habitude sont très largement dépassés" glisse Jean-David Blanc. Le service français, qui propose aussi des abonnements, comptait fin octobre 12 millions d'utilisateurs.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business