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Eau et électricité: les chiffres qui illustrent le nouveau rythme de vie des Français pendant le confinement

Depuis le 16 mars, les Français se lèvent plus tard ce qui a des répercussions sur la consommation d'eau et d'électricité dont les pics se sont décalés de deux à trois heures

Depuis le 16 mars, les Français se lèvent plus tard ce qui a des répercussions sur la consommation d'eau et d'électricité dont les pics se sont décalés de deux à trois heures - Sebastien Salom-Gomis - AFP

Le confinement a totalement changé le quotidien des Français qui semblent vivre "un dimanche perpétuel". Ils se couchent et se lèvent plus tard comme le constatent les organismes qui gèrent la consommation d'eau et d'électricité.

Depuis le 17 mars 2020, date du démarrage du confinement en France, la vie quotidienne a changé. En restant chez eux, les Français ont totalement modifié leur rythme de vie. Ils se couchent et se lèvent plus tard et sont dynamiques non plus le matin, mais en milieu de journée. Pour preuve, les données de RTE (Réseau de transport d'électricité) qui montrent qu'en un an, le pic d'activité de la journée s'est décalé de 3 heures.

Le vendredi 19 avril 2019, la consommation d'électricité moyenne atteignait son plus haut niveau à 9h30. Un an plus tard, le 17 avril 2020, l'activité des Français atteint un pic à 12h45, l'heure de la préparation du déjeuner et donc de la mise en marche d'appareils électriques puissants, comme le montrent les données du fournisseur d'énergie via son appli d'analyse. 

"Depuis la mise en place des mesures de confinement, la consommation augmente plus lentement le matin, et n’atteint un pic de consommation qu’aux alentours de 13h, au moment du déjeuner" précise RTE en ajoutant que "l’après-midi, la consommation diminue plus fortement qu’en temps normal, reflet du ralentissement de la vie économique française".

Malgré ce changement impressionnant, la consommation globale d'électricité est en baisse. De 54.443 méga watt en avril 2019, elle passe désormais à 48.212 MW. Cet écart de 6231 MW représente près de 10% de la consommation nationale. Par comparaison, la consommation moyenne d'un foyer de 4 personnes s'élève à 4400 kWh/an.

La baisse le plus flagrante concerne l'Île-de-France où la consommation est passée de 8429 MW le vendredi 19 avril 2019 à 6640 MW le 17 avril 2020, soit une baisse de plus de 20%. Dans cette région, la plus peuplée de France, la fermeture de commerces et des entreprises à jouer, mais pas seulement. Dès l'annonce des mesures de confinement, 17 % des franciliens ont quitté la région, selon les données anonymes récoltées par Orange et transmises aux autorités sanitaires.

A Paris, "un dimanche perpétuel"

D'ailleurs, c'est à Paris que la consommation d'eau potable a brutalement chuté depuis le début du confinement. Selon Eau de Paris, l'opérateur public en charge de la production et de la distribution dans dans la Capitale, elle est passée de 500.000 m3/jour à 400.000 m3/jour, soit une baisse de 20% depuis le 16 mars. Habituellement, la seule période de l'année durant laquelle la consommation baisse autant est le mois d'août 

Selon l'opérateur parisien, la baisse est variable selon les arrondissements. "Les 1er et 2e arrondissements enregistrent les plus fortes baisses de consommation en proportion : -45%". Rive gauche, le 6e arrondissement enregistre une baisse de -35 %. "Et pour cause : c’est à la fois l’un des arrondissements les plus touristiques, les plus étudiants et les moins peuplés", indique Eau de Paris.

Par contre, dans le 20e arrondissement, la baisse de consommation est de seulement -5 %. "Cet arrondissement où vivent près de 200 000 habitants compte beaucoup moins d’hôtels et de résidences secondaires, ces marqueurs d’activité touristique, que les autres arrondissements", explique Eau de Paris.

Enfin, comme pour l'électricité, les pics de consommation se sont décalés de quelques heures. En temps normal, ils se situent entre 5 et 7 h du matin. "Les Parisiens semblent se lever un peu plus tard en période de confinement. La consommation journalière a ainsi tendance à ressembler à un dimanche perpétuel", estime l'opérateur.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco