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Des associations de consommateurs veulent faire annuler la hausse du tarif de l'électricité

Les tarifs réglementés de vente (TRV) sont vendus par EDF à environ 25 millions de foyers actuellement.

Les tarifs réglementés de vente (TRV) sont vendus par EDF à environ 25 millions de foyers actuellement. - Damien Meyer-AFP

La CLCV et UFC Que-Choisir vont saisir le Conseil d’État pour faire annuler la hausse du tarif réglementé de l'électricité de 5,9% prévue en juin 2019. Elle jugent cette augmentation infondée et juridiquement discutable, fortes de l'avis défavorable de l'Autorité de la concurrence.

Augmentera, augmentera pas? La prochaine hausse des tarifs réglementés de l'électricité (+ 5,9%), appliqués par EDF à quelque 28 millions de clients, fait l'objet d'une contestation farouche de la CLCV et l’UFC Que Choisir qui confirment vouloir saisir le Conseil d’État pour demander son annulation.

"Une telle augmentation est injuste pour les consommateurs car elle n’est pas destinée à couvrir l’augmentation des coûts de fourniture d’EDF, mais à aider les opérateurs alternatifs en grande difficulté financière à rester compétitifs," argumente l'association de consommateurs CLCV

Censée s’appliquer au 1er mars 2019, sur proposition de la CRE (régulateur de l'énergie), l’augmentation des tarifs a été reportée par le gouvernement au plus fort de la crise des gilets jaunes pour calmer l'agitation sociale. Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, avait alors annoncé qu’elle entrerait en vigueur avant l'été.

Vers un changement du mode de calcul du tarif en 2020

Dès le mois d'avril, la CLVC avait adressé, avec l’UFC Que choisir, une lettre ouverte au chef de l’État pour lui signifier leur détermination à saisir le Conseil d’Etat si la hausse prévue était confirmée.

"Nous avons insisté sur le fait que l’avis de la CRE était techniquement infondé et juridiquement contestable et qu’il entraînerait une évolution subjective du tarif réglementé qui est déconnectée de l’évolution des coûts réels de l’opérateur historique (EDF), au détriment des consommateurs. L’Autorité de la concurrence va dans notre sens. Dans les deux avis, elle déconseille explicitement au gouvernement d’appliquer cette hausse. Fait rarissime !" s'empresse de commenter la CLCV

De son côté, conscient du problème, la gouvernement; par la voix du ministre de la Transition écologique, a annoncé il y a quelques jours vouloir modifier la méthode de calcul des tarifs réglementés, qui, selon lui, '"ne permet pas aux consommateurs de bénéficier suffisamment des avantages et de la compétitivité du nucléaire", renvoyant toutefois en 2020 un changement.

Frédéric Bergé