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Coulé par le Covid-19, le secteur des distributeurs automatiques craint la casse sociale

L'entreprise de distributeurs automatiques de boissons Selecta France projette de supprimer 459 postes nets, soit un quart de son effectif, dans le cadre d'un plan de transformation face à l'épidémie de Covid-19.

L'entreprise de distributeurs automatiques de boissons Selecta France projette de supprimer 459 postes nets, soit un quart de son effectif, dans le cadre d'un plan de transformation face à l'épidémie de Covid-19. - Jean Ayissi

Le leader européen des distributeurs automatiques de boissons Selecta a déjà annoncé 459 suppressions de postes en France mais ce sont en réalité 25.000 salariés qui sont "menacés à court terme" prévient la profession. 

Conséquence indirecte de la pandémie, les groupes de distributeurs automatiques font grise mine. Pire, ils pourraient bien finir par licencier à tour de bras, prévient la Chambre syndicale Nationale de Vente et Services Automatiques (NAVSA). Dans un communiqué, l'organisation souligne que près de la moitié des emplois du secteur, soit 25.000 salariés, sont "menacés à court terme" en France. 

"La fermeture des lieux de vie, la généralisation du télétravail et la condamnation des appareils dans les rares lieux de vente restés ouverts plongent les 55.000 salariés du secteur dans une situation d'inactivité subie" insiste la NAVSA. 

"Nos appareils ont été arrêtés, condamnés, non pas parce qu'ils sont vecteurs de contamination, mais parce qu'ils sont associés à la convivialité donc au rassemblement", explique son président Pierre Albrieux. "Si la baisse d'activité dans le secteur se maintenait autour de 25% en 2021, il faudrait alors s'attendre à une deuxième vague massive de licenciements." 

Le leader européen, le suisse Selecta, a connu six premiers mois catastrophiques. Son chiffre d'affaires mondial sur la période avril-juin 2020 a été divisé par deux par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 212,8 millions d'euros. Surtout l'Ebitda (bénéfice avant intérêts et impôts) du groupe s'est écroulé de 102% sur un an pour apparaitre en négatif (-9,2 millions d'euros) sur la période. 

Fin octobre, Selecta avait annoncé la suppression de 459 postes en France sur les 1600 personnes employées dans le pays. Le groupe avait déjà été malmené par les grèves contre la réforme des retraites, la crise du Covid l'a fragilisé davantage encore. 

Pas mieux du côté de l'italien IVS qui a récemment remporté le marché du métro parisien. Le groupe a vu son Ebitda fondre de 32% en septembre sur un an. Le deuxième groupe européen a ainsi connu une chute brutale des ventes en février, lors du premier confinement européen avant que les ventes ne se redressent à l'été. Mais ces dernières restent en deçà du niveau d'avant crise, pénalisées par le retour du télétravail dans certains pays mais aussi par la moindre fréquentation des gares ou des universités où son installées les machines.  

Thomas Leroy Journaliste BFM Business