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Coronavirus: les fleuristes estiment avoir déjà perdu 40 millions d'euros

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Leurs pertes pourraient encore augmenter si les fleuristes sont encore fermés au moment du 1er mai, l'un des plus gros week-ends de l'année pour la profession après la fête des mères, la Saint-Valentin et Noël.

Les fleuristes français, confrontés à la fermeture de leurs boutiques depuis près d'un mois, évaluent à plus de 40 millions d'euros leur perte sèche. Pour Florent Moreau, président de la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF), l'enjeu est de savoir si les commerces "non essentiels" comme ceux de ses 14.000 adhérents seront encore fermés dans trois semaines, au moment du 1er mai, "l'un des plus gros week-ends de l'année pour [la] profession après la fête des mères, la Saint-Valentin et Noël".

"Nous attendons l'allocution du président de la République lundi soir", Emmanuel Macron devant annoncer jusqu'à quand sera prolongé le confinement des Français, a-t-il affirmé vendredi à l'AFP, en précisant avoir écrit au Premier ministre afin de le sensibiliser à la situation.

La FFAF "s'alarme pour les fleuristes qui pourraient bien ne pas pouvoir se redresser et relancer leur activité à la fin du confinement", écrit-il dans cette lettre à Edouard Philippe, dont l'AFP a obtenue copie.

Une perte compensée ni par l'Etat ni par les assurances

En effet, selon une enquête réalisée par la FFAF entre le 27 mars et le 2 avril, sur un panel représentatif de 1.572 entreprises du secteur, 90% d'entre elles "n'ont eu aucune activité sur la seconde quinzaine de mars" et 60% ont subi une baisse de 50 à 70% de leur chiffre d'affaires en mars 2020.

"Il en ressort pour notre profession une perte sèche évaluée à près de 40 millions d'euros, aujourd'hui ni compensée par l’État, ni prise en charge par les assurances: c'est intolérable", s'insurge M. Moreau auprès de l'AFP.

Or, le week-end du 1er-Mai approche, durant lequel 31% des brins de muguet sont achetés chez un fleuriste, 25% en grande distribution, 11% sur un marché, 9% en jardinerie, 4% sur l'exploitation et 20% dans d'autres lieux (dont la vente dans la rue), selon le panéliste Kantar.

Si le confinement est levé d'ici là, les fleuristes entendent demander "la stricte interdiction de la vente à la sauvette sur la voie publique afin d'éviter un nouveau manque à gagner qui pourrait être fatal pour nombre d'entre eux", ajoute M. Moreau dans son courrier au Premier ministre.

C.C. avec AFP