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Confinement: malgré les apparences, les Français sont loin d'avoir épuisé les stocks de farine

Les paquets de farine de un kilo représentent seulement 5% de la farine vendue en temps normal

Les paquets de farine de un kilo représentent seulement 5% de la farine vendue en temps normal - AFP

La pénurie de farine est de la "science-fiction" rassurent les meuniers français. Ils expliquent que les rayons sont vides parce que le conditionnement par paquet d'un kilo est habituellement anecdotique. Les professionnels ont dû se réorganiser pour livrer la grande distribution.

Les Français n'ont jamais autant consommé de farine. Les paquets d'un kilo sont partis plus vite que ne l'imaginaient les meuniers et les magasins, grands ou petits. Désormais, il n'est pas rare de voir des rayons vides. Les meuniers français lancent un message pour rassurer le public et le dissuader de faire des stocks craignant une pénurie.

"La raréfaction des paquets de farine dans les rayons de la grande distribution est une réalité, mais évoquer une pénurie en France, 2e pays européen de production de farine, relève de la pure fiction", rassure Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF).

Les usines tournent 7/7 et 24 heures sur 24

L'explication repose sur un phénomène inédit: le conditionnement en paquet d'un kilo commercialisé dans les grands magasins et supermarché qui ne représentait que 5% des ventes avant le confinement, soit 190.000 tonnes sur les 4 millions de tonnes produites chaque année. La chaîne de production a dû dans l'urgence faire face à de nouveaux enjeux industriels de conditionnement et de logistique. Les usines tournent désormais sept jours sur sept et 24 heures sur 24.

En effet, depuis la mi-mars, la demande a été multipliée entre deux et cinq fois du fait des toutes ces personnes qui se sont mises à la confection de gâteaux, de pâtes feuilletées ou brisées ou de pain. Un marché noir est apparu contre toute attente. Comme le rapporte Le Monde, des restaurateurs contraints de fermer ont vendu leur stock de farine de la main à la main à des particuliers.

Mais malgré l'explosion des ventes de paquets d'un kilo, les meuniers signalent que leur situation n'est pas florissante. "Cette situation ne doit pas occulter que la demande en farine de la part de la boulangerie artisanale et des industries agroalimentaires s’est écroulée dans le sillage de l’activité économique actuelle alors qu’elle représente normalement 90% de la farine vendue!", rappelle l'ANMF.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco