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Cette start-up veut créer une maison de retraite pour vieilles poules

Les éleveurs industriels épointent leurs poules pondeuses, c'est-à-dire qu'ils coupent le bout pointu du bec.

Les éleveurs industriels épointent leurs poules pondeuses, c'est-à-dire qu'ils coupent le bout pointu du bec. - Tsaag Valren - Wikimedia - CC

Poulehouse fait appel au financement participatif pour construire un refuge pour les poules vieillissantes qui pondent moins. 100 millions de pondeuses sont envoyées à l'abattoir chaque année.

"On n'a pas besoin de tuer des poules pour manger des œufs". Une évidence? Pourtant dans les élevages industriels, 100 millions de poules et de poussins sont abattus chaque année pour une simple question de rentabilité. Un nombre impressionnant mais proportionnel au poids des œufs dans notre alimentation. Un Français en consomme en moyenne 222 par an.

Poulehouse a décidé d'offrir une seconde vie à quelques-unes de ces vieilles poules promises à l'abattoir. Cette start-up lève des fonds sur la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank pour leur construire une sorte de poulailler de retraite. Parce que, explique-t-elle, l'espérance de vie de ces gallinacées excède le plus souvent 6 ans et peut même atteindre les 10 ans. Or dans les élevages, elles sont éliminées au bout de 18 mois, âge à partir duquel elles deviennent moins productives.

Des poussins mâles supprimés en masse

Les poussins mâles, eux, sont majoritairement supprimés. Parce qu'appartenant aux races de poules pondeuses modernes, ils ne fourniraient pas assez de chair pour satisfaire des consommateurs habitués aux escalopes épaisses des races à viandes.

Pour les femelles, les conditions d'élevage s'apparentent à de la torture. On leur coupe par exemple le bout pointu du bec pour éviter qu'elles ne se blessent entre elles. Ont leur ampute aussi bien souvent les ailes.

Poulehouse tente donc de mettre en place "un circuit d'élevage n'impliquant aucune souffrance animale". Elle fédère des éleveurs bio dont le label leur interdit d'épointer (de couper le bec du volatile). Seule condition: qu'au lieu d'envoyer les poules à l'abattoir, ils les transportent à La Maison des poules. Une sorte de maison de retraite où elles pourront vieillir tranquillement en pondant à leur rythme. Et que le public, contributeur ou non du projet, pourra visiter.

Cette deuxième vie relativement oisive réduit évidemment la rentabilité globale de chaque poule ainsi sauvée. Le prix de vente des oeufs qu'elles pondent chez les éleveurs partenaires est donc bien plus élevé. À l'arrivée, une boîte de 6 œufs Poulehouse coûte 5,99 euros, soit environ trois fois le prix de la boîte d'œufs bio de marque distributeur.

N.G.