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Cette start-up cartonne en revendant en ligne des produits reconditionnés

La plate-forme internet met en relation les consommateurs avec les usines de reconditionnement de produits électroniques.

La plate-forme internet met en relation les consommateurs avec les usines de reconditionnement de produits électroniques. - Back Market

Back Market revend en ligne smartphones, téléviseurs, petit et gros électroménager. Reconditionnés en atelier par des professionnels, ils sont 50% moins chers que des neufs. La start-up lève 7 millions d'euros et prévoit de tripler son chiffre d'affaires en 2017 à 90 millions d'euros.

L'économie circulaire a-t-elle trouvé sa pépite avec la start-up Back Market ? Alors que Save, spécialiste de la réparation de smartphones, a dû revoir son modèle de croissance à la suite de son redressement judiciaire en 2016, cette autre start-up surfe sur un marché très prometteur.

"Notre objectif est de démocratiser un nouveau mode de consommation en valorisant les produits électriques ou électroniques reconditionnés par des professionnels" explique Thibaud Hug de Larauze, PDG et l'un des trois cofondateurs de Back Market. "Il s'est vendu en 2015 en France plus de 700 millions de produits électroniques et électriques dont l'après-vie était encore peu prise en charge par l'économie circulaire" ajoute l'entrepreneur.

Cette place de marché défie le marché de l'occasion sur Internet

Décidée à changer cet état de fait, cette place de marché sur internet met en vente des produits grand public directement issus d'ateliers ou d'usines de reconditionnement. Elle prend une commission de 8% environ sur chaque vente réalisée. Contrairement aux produits d'occasion vendus sur des sites comme Le Bon Coin, ces biens de consommation sont garantis de 6 à 12 mois par des acteurs professionnels (parfois les marques elles-mêmes) en bénéficiant d'une décote de prix de 50% (parfois plus) par rapport au neuf.

Créée fin 2014, la start-up vient de boucler un tour de table de 7 millions d’euros auprès des fonds Daphni et Aglaé Ventures (Groupe Arnault). Cette levée de fonds succède à une première mise de 500.000 euros effectuée par plusieurs business angels dont Thierry Petit de Showroomprive.com.

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- © Ils sont trois cofondateurs de Back Market (de gauche à droite sur la photo) Thibaud Hug de Larauze, Vianney Vaute et Quentin le Brouster

Ces fonds serviront notamment à accélérer sa croissance à l'étranger où la plate-forme est déjà active en Espagne, Allemagne, Belgique et Italie. Le Royaume-Uni et les pays scandinaves font déjà partie des cibles visées.

En France, Back Market expose déjà les produits de 130 vendeurs professionnels. Tous ont été sélectionnés par les équipes de la start-up sur leur capacité à tester, garantir un produit reconditionné en bon état de marche à le livrer en 48 heures et à gérer le SAV.

Archos lui confie ses smartphones reconditionnés

"Nous avons deux catégories de vendeurs : les usines et ateliers de reconditionnement et les constructeurs ou les marques qui disposent d'ateliers en interne et commencent à nous contacter directement" explique le cofondateur de la start-up.

C'est déjà le cas de la société française Archos qui confie à la plate-forme la vente de certains de ses smartphones reconditionnés. L'enseigne Boulanger l'utilise aussi pour mettre en vente des produits commandés sur Internet et retournés par le client dans le délai de rétractation ainsi que des matériels d’exposition ou ayant présenté un défaut d'emballage à la livraison.

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L'expertise de la plate-forme internet réside aussi dans son algorithme qui gère la mise en vente et d'exposition des produits mis en ligne. Le site web effectue sa propre mise en avant des matériels selon divers critères d'évaluation de la "fiabilité" du vendeur, incluant notamment la notation que lui attribue les consommateurs internautes. 

Si la plate-forme expose 300.000 produits environ, les plus vendus sont des smarphones tels les iPhone et les modèles Samsung reconditionnés, les téléviseurs et le gros électroménager. "Tous les biens de consommation onéreux à l'achat et qu'il est risqué ou pas évident d'acheter en occasion à un particulier sont très demandés" commente Thibaud Hug de Larauze.

La start-up, qui a séduit 150.000 clients depuis sa création, connaît une croissance exponentielle de son activité : 3 millions d'euros en 2015, 30 millions en 2016 et un objectif de 90 millions en 2017. Son catalogue, déjà bien fourni, pourrait s'enrichir à terme. À quand la mise en vente d'autres produits grand public pouvant être reconditionnés par des mains expertes comme les vélos ou les montres d'horlogerie ? 

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco