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Cette montre est en rupture de stock depuis que Macron la porte

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- - AFP - Merci

Conçue et commercialisée par le magasin branché parisien Merci, cette montre mécanique est vendue à 400 euros.

La montre c'est de la com? Lorsqu'il a été élu président, Emmanuel Macron portait une montre à 6.500 euros. Il s'agissait du modèle Tank MC de chez Cartier. Une montre pas si bling-bling que ça mais peut-être déjà un peu trop ostentatoire pour un président qui veut casser son image de banquier d'affaires. D'ailleurs il ne la portait ni durant la campagne ni le jour où il a prêté serment.

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- © Cartier

Mais depuis quelques semaines, c'est une autre montre que le président arbore au poignet. Bien plus sobre cette fois et de conception française. Baptisée LMM-01 (pour La Montre Merci 01), Il s'agit d'une montre au design vintage qui ne vaut pas plus de 400 euros et qui est commercialisée depuis quelques mois par le magasin de mode et de déco branché parisien Merci.

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- © Merci

C'est au cours du voyage en Chine d'Emmanuel Macron en janvier dernier que les premières photos de la montre au poignet présidentiel ont été publiées. Quelques articles sur la nouvelle montre présidentielle ont suffit à susciter un engouement fort comme pour les costumes du tailleurs parisien chez lequel s'habillait à l'époque le candidat pour la présidentielle (il a depuis opté pour la griffe "Made in France" Smuggler).

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- © AFP

À la grande surprise d'Arthur Gerbi, le patron du magasin Merci qui est à l'origine de la montre LMM-01. "On nous avait dit qu'il portait notre montre mais sur les photos on avait beau zoomer, on n'arrive pas à la voir, raconte le jeune entrepreneur. Et puis il y a eu le voyage en Chine et là on a eu confirmation." Comment le président a eu vent de la montre? Du côté de Merci c'est le mystère. "Quelqu'un lui a peut-être offert pour son anniversaire en décembre vu qu'il a commencé à la porter en janvier?, avance Arthur Gerbi. Mais ce n'est pas nous qui la lui avons envoyée."

En tout cas, avec la publication des photos, les ventes ont fait un bond. "Nous avons rapidement été en rupture de stock, assure le patron de Merci qui ne veut pas communiquer le nombre exact de montres écoulées. Mais nous avons une production raisonnée, nous ne voulions pas tomber dans l'écueil de la surproduction comme ça a été le cas dans l'horlogerie suisse ces dernières années." Si la marque assure qu'elle ne compte pas communiquer sur le thème "la montre du président", il semble qu'elle ait tout de même acheté des mots clés dans Google. Lorsque vous tapez "Macron" et "Montre" sur le moteur de recherche vous tombez directement sur une annonce Google pour la montre Merci. 

Conçue en France mais fabriquée en Suisse

Quoi qu'il en soit, Arthur Gerbi a eu du nez lorsqu'il s'est lancé dans ce projet en 2014. Ce passionné de montre vintage qui passe beaucoup de temps sur eBay pour dénicher de vieilles Swatch qu'il collectionne a voulu prendre le contre-pied du marché en lançant un produit très basique. "A l'époque les montres connectées venaient d'arriver mais j'avais plutôt l'impression que ces montres nous déconnectaient de l'instant présent au contraire avec toutes ces notifications, confie le patron de Merci. Avec mon associé Jules Deschamps, nous avons dessiné un modèle plutôt petit (37,5 mm) inspiré des Field Watch, les montres militaires des années 1930."

C'est avec leurs esquisses et leur cahier des charges que les partenaires débarquent au grand salon des montres de Bâle pour trouver un fabricant. Ils optent pour une petite manufacture qui produit notamment pour de grandes marques connues. Car bien que de conception française, la montre Merci est bien fabriquée en Suisse. "Le "Made in France" est compliqué dans l'horlogerie, assure Arthur Gerbi. Il s'agit le plus souvent de mécanismes fabriqués en Chine qui ne sont qu'assemblées en France. Nous n'avons pas trouvé notre mouvement "Made in France" mais nous restons ouverts."

Mais il faudra que les tarifs restent doux. Car Arthur Gerbi veut que son produit reste accessible. Le modèle mécanique (qu'il faut remonter manuellement toutes les 42 heures) ne coûte "que" 399 euros. Un modèle à quartz est aussi disponible à 230 euros. "Notre but est d'évangéliser les gens qui ne portent plus de montre et regardent l'heure sur leur smartphone, explique son concepteur. Nous ne voulons pas faire comme certaines marques suisses aux marges délirantes qui mettent des mécanismes à 10 euros dans des montres qu'ils vendent des millions d'euros!" 

Sortie en septembre dernier, la montre n'est pour l'heure commercialisée que dans la boutique Merci et sur son site internet ainsi que par le magasin du MoMa, le musée d'art moderne à New York. "Nous ne comptons pas beaucoup élargir la distribution, assure Arthur Gerbi. Peut-être dans quelques magasins choisis dans le monde mais nous ne voulons pas être partout à chaque coin de rue." C'est la rareté qui fait la valeur. Un crédo que ne renieraient certainement pas Emmanuel Macron.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco