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Cette machine permet de faire ses propres dosettes de café

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- - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Capsit, une machine développée par un jeune entrepreneur lyonnais, propose aux amateurs de café et aux torréfacteurs de produire eux-mêmes leurs capsules. Un appareil qui devrait essaimer dans les maisons et chez les producteurs de café. Elle est sélectionnée par le start-up lab, le concours d’innovation de la Foire de Paris.

Dans les allées du salon hors-série maison de la Foire de Paris, qui se déroule jusqu'au 4 novembre à Paris, cette machine détonne au milieu des très classiques stands de canapés et tapis. Bien protégée dans la bulle transparente du start-up lab, le concours d’innovation de la Foire, un prototype en plexiglas vert et transparent.

Dans ses différents modules, on aperçoit des grains de café, des capsules vide et des opercules. Cet appareil dont les mécanismes paraissent aussi élaborés et précis que ceux d’une montre suisse, sert à encapsuler soit même son café. Une invention qui a tout pour devenir un must-have dans les cuisines à l’heure où, sur le marché du café, les ventes de capsules ont largement dépassé les ventes de café moulu.

Cette machine s’appelle Capsit, et a été inventée par Bilel Belbecir, un ingénieur de 30 ans, formé à l’Insa de Lyon, lui-même grand amateur de café. Depuis qu’il a proposé cette idée en projet de fin d’étude en 2016, les récompenses et dotations pleuvent. Il a fait breveter son invention, qui fonctionne avec toutes sortes de formats de capsules, de Lavazza à Nespresso en passant par Dolce Gusto. Aujourd’hui, logé à l’incubateur de Chalons-sur-Saône (Bourgogne-Franche-Comté), l’ingénieur fait son possible pour que ses prototypes deviennent le plus vite possible une machine industrielle qu’il pourra vendre.

Capsit
Capsit © BFMTV

Bilel Belbercir mise sur une industrialisation sous un an. En tout cas pour son modèle destiné aux artisans torréfacteur. À la différence de celui pour les particuliers, de la taille d’une machine Nespresso et qui produit les capsules à l’unité, Capsit pour les pro en fournit 900 à l’heure. Alors qu'il misait sur une quarantaine de précommandes, il voit cette estimation pulvérisée.

Une machine pour les artisans

"Aujourd’hui, la seule machine industrielle que peuvent acheter les torréfacteurs artisanaux coûte 20.000 euros, elle est trop massive pour leurs petits locaux, et très compliquée d’utilisation", explique l’entrepreneur. L'autre option pour ces fabricants de café, souvent de petites structures bio consiste à sous-traiter l’encapsulage. Mais il y a peu d’acteurs, et leurs prix sont élevés, alors que les capsules représentent aujourd’hui 30 à 40% de leurs ventes. Avec Capsit, bien que l’inventeur assure n’avoir pas encore fixé de prix pour sa machine, le coût de fabrication passerait de 12 centimes à 7,4 centimes la capsule pour les professionnels.

Autre avantage par rapport à la sous-traitance: ces torréfacteurs contrôleraient absolument le contenu des capsules. Ils pourraient enfin réduire leur empreinte écologique, comme le souhaite ce torréfacteur guadeloupéen qui a passé commande auprès de Capsit. Actuellement, il envoie son café en France métropolitaine pour qu’il soit mis en capsules, puis leur fait retraverser l’Atlantique pour les vendre sur l’île.

Les vertus écolos de Capsit ne s’arrêtent pas là : les capsules qu’utilise la machine sont biodégradables, fournies par la start-up Vegeplast. Et à terme, Bilel Belbecir veut développer des capsules en inox, lavables et réutilisables.

Même vision à long terme pour les déclinaisons possibles de Capsit. Bilel Belbecir a fait breveter son procédé pour tout type de liquides. Déjà, l’ingénieur a été approché par des pharmaciens, qui souhaiteraient utiliser sa machine pour vendre la bonne quantité de sirop ou de désinfectant en capsules.

Nina Godart