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Ces applis qui ont décidé de mettre fin au gaspillage alimentaire

Les particuliers comme les restaurateurs jettent trop de nourriture   dans les poubelles.

Les particuliers comme les restaurateurs jettent trop de nourriture dans les poubelles. - Kasman - CC

Que vont devenir ces yaourts bientôt périmés alors que vous partez en vacances? Que faire de ce plat de lasagnes concocté en trop grande quantité? Et ces sandwichs qui restent sur les bras de ce boulanger? Plusieurs start-up proposent des solutions pour éviter que ces aliments finissent à la poubelle.

Les Français ont souvent les yeux plus gros que le ventre. C'est ainsi qu'un foyer jette en moyenne entre 20 et 30 kilos de nourriture chaque année. Mais tous ne sont pas des restes de repas: 7 kilos sont des produits encore sous emballage. Ce gâchis alimentaire pèse sur les budgets des particuliers, d'environ 400 euros par an, mais a aussi une incidence pour la planète avec toute l'eau et les ressources utilisées pour cette production inutile. Les commerçants, la grande distribution et les restaurants prennent eux aussi part à ce gaspillage alimentaire, avec plus de 7 millions de tonnes de denrées jetées chaque année.

Portées par l'envie de réduire ce gâchis, plusieurs start-up ont développé des applications recensant les plans pour donner une seconde chance à cette nourriture, soit en la donnant soit en la proposant à prix réduits. Mais si les idées sont bonnes et louables, elles semblent avoir du mal à permettre à leurs concepteurs de durer dans le temps. Plusieurs services lancés ces dernières années ont disparu. Voici ceux qui tiennent encore la route:

> Dans mon frigo

Caché derrière le pot de cornichons, vous aviez oublié ce petit pot de tarama. Il est désormais trop tard pour le déguster. Pour éviter que cette mésaventure ne se reproduise, dans-mon-frigo.fr garde un œil sur tous les aliments que vous avez achetés et vous avertit quand les dates limites de consommation se rapprochent. Pour cela, il suffit de scanner le code barre des articles et d'indiquer la date de péremption avant de les ranger. Vous aurez alors un tableau de bord recensant vos produits et des mails et push vous seront adressés, dans un délai que vous aurez défini, quand il sera grand temps de les consommer.

> Checkfood

Cette application, uniquement disponible sur l'App store, propose également de garder un œil sur la date de péremption des produits alimentaires stockés chez vous. Il suffit de les scanner au retour des courses, de saisir leur date de péremption: une alerte est envoyée quand il est urgent de les consommer. Mais Checkfood ne s'arrête pas à cette simple fonctionnalité. Si vous n'avez pas la possibilité de les manger, l'application recense des associations qui aident les plus démunis et qui sont prêtes à les recevoir. 

> Zéro-gachis

De nombreux supermarchés font des promotions sur des produits dont la date de péremption est proche. Mais le consommateur tombe souvent dessus par hasard… Zéro-gachis s'adresse aux dénicheurs de ces bonnes affaires. Le service a passé des accords avec des grandes chaînes de supermarchés (Super U, Leclerc, Auchan) qui lui adressent les promos appliquées sur des produits proches de la date de péremption ainsi que le nombre d'articles en rayon. Grâce à la géolocalisation, le consommateur sait quel magasin a les promos qui sont susceptibles de lui convenir. Voilà pour le concept. Car dans les faits, les magasins recensés ne sont pas légion. Pour les Franciliens, il n'y en a aucun à Paris même. Il faut par exemple se rendre à une vingtaine kilomètres de là, à Neuilly-sur-marne (Seine-Saint-Denis) ou Noisiel (Seine-et-marne). Ce qui nécessite de choisir entre deux grandes causes: réduire le gaspillage alimentaire ou bien réduire son bilan carbone en évitant de prendre sa voiture.

> Too good to go

D'origine danoise, le service Too good to go (trop bon pour être jeté) s'est lancé à Paris et à Lille le mois dernier. Le concept est également de recenser les bons plans des commerçants qui cherchent à écouler leurs produits frais sur le point d'être jetés. Boulangeries, pâtisseries, restaurants, sandwicheries, traiteurs proposent leurs offres spéciales à tarifs réduits. On peut par exemple acheter un bagel à 4,50 euros au lieu de 15 euros, un sachet de surprises du boulanger Eric Kayser au prix de 5 euros au lieu de 10 euros. Ou encore une part de couscous à 6 euros au lieu de 10 euros.

Too good to go se distingue par des partenariats avec des enseignes plutôt huppées et proposant une cuisine variée. Mais les propositions commerciales sont peu nombreuses (parfois une ou deux parts) et il faut donc se montrer réactif pour régler sa transaction en ligne. Ensuite il faut patienter, car les commerçants fixent les horaires où l'acheteur doit aller récupérer son plat, juste avant la fermeture… parfois après 22 heures.

> Optimiam

Là aussi, il s'agit d'éviter que les commerçants jettent leurs invendus, en attirant les consommateurs par des prix bradés. Le point fort d'Optimiam est d'avoir passé des accords avec des chaînes spécialisées dans la vente à emporter comme la Brioche dorée, Subway, Paul, le Fournil de Paris. L'application indique les boutiques à proximité qui proposent des sandwichs, des menus ou des lots de viennoiseries avec des rabais pouvant aller jusqu'à 50%. Mieux vaut donc se connecter en fin de journée pour avoir accès à un maximum de promotions. Quelques Carrefour City sont aussi recensés. Mais il faut admettre qu'Optimiam sera surtout utile aux Parisiens, les 200 promotions recensées concernant la capitale.

> Mummyz

Vous ne le savez peut-être pas mais certains de vos voisins aiment cuisiner… et parfois ils ont vu trop grand, et des parts vont leur rester sur les bras. Mummyz veut fédérer cette communauté de gourmands, qui compte quelques commerçants, en proposant aux uns de vendre leurs plats et aux autres de les acheter à bon prix. Les tarifs vont de 1 à 6 euros et le paiement s'effectue en ligne. L'acheteur doit ensuite se rendre au domicile du cuisinier. Mais au vu des offres en ligne, mieux vaut se prévoir un resto de secours.

C.C.