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Cartel des titres restaurant: l'Autorité de la concurrence lance une nouvelle enquête

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- - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Après avoir très lourdement sanctionné les principaux acteurs du secteur, l'institution a annoncé une nouvelle enquête, ce mercredi, qui concerne une fois de plus Edenred, Sodexo, Up ou encore Natixis Intertitres.

L'Autorité de la concurrence enquête à nouveau sur le secteur des titres-restaurant, où elle avait infligé de fortes amendes aux principales entreprises en décembre, a-t-elle annoncé mercredi en faisant état de "visites" et "saisies" effectuées la veille.

"Les services d'instruction de l'Autorité de la concurrence ont procédé hier" mardi à "des opérations de visite et saisie inopinées auprès d'entreprises suspectées d'avoir mis en oeuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des titres-restaurant", indique un communiqué.

Ces interventions "ne préjugent pas de la culpabilité des entreprises concernées par les pratiques présumées, que seule une instruction au fond permettra le cas échéant d'établir", poursuit ce texte, sans préciser les noms des sociétés visées.

414 millions d'euros d'amendes

Interrogé par l'AFP, le groupe Edenred a confirmé avoir reçu la visite de l'Autorité de la concurrence, tandis que les groupes Up et Sodexo ne faisaient eux, "aucun commentaire". De son côté, Natixis Intertitres n'a pas immédiatement répondu.

Ces saisies ont été effectuées dans le cadre d'investigations portant sur des faits distincts de ceux sanctionnés en fin d'année dernière, a précisé à l'AFP un porte-parole de l'institution.

Le 18 décembre, l'Autorité de la concurrence avait frappé fort en condamnant quatre entreprises à un total de 414 millions d'euros d'amendes, pour une "entente portant sur des échanges d'informations" et un "verrouillage" du marché des titres-restaurant.

Edenred conteste

Le groupe Edenred, émetteur de Tickets Restaurant, avait été le plus lourdement sanctionné avec 157 millions d'euros d'amende, suivi par Sodexo, qui écopait de 126 millions, puis Natixis Intertitres, avec 83 millions et enfin la société Up, 45 millions d'euros.

Mercredi matin, Edenred a réaffirmé contester les deux griefs qui lui sont reprochés, en commentant la publication de ses résultats annuels.

"Nous allons faire appel, nous avons deux mois pour le faire" à partir de la notification de cette amende, a affirmé son PDG Bertrand Dumazy lors d'une conférence téléphonique, précisant que le groupe avait encore "quelques semaines" pour boucler son dossier.

La somme "n'a pas été provisionnée puisque nous contestons ces deux griefs", a-t-il indiqué, ajoutant : "l'appel n'est pas suspensif, on devra payer".

TL, avec AFP