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Carrefour annonce des suppressions de postes

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Carrefour a présenté un plan de rupture conventionnelle collective aux syndicats

Carrefour veut accélérer sa transformation et a précisé son nouveau plan de restructuration: jusqu'à 3.000 départs sont prévus dans ses hypermarchés français dans le cadre d'un projet de rupture conventionnelle collective comprenant aussi un volet préretraites. Ce chiffre est un « chiffre plafond » estime la direction qui pense limiter les départs 1200 postes, mais ne peut exclure de devoir aller plus loin. Ce chiffre comprend des suppressions de postes dans les rayons bijouteries, multimédia et dans l'encadrement, des réductions d'effectifs dans 46 hypermarchés, ainsi que des départs en congé de fin de carrière, ont indiqué à l'AFP des sources syndicales.

Le plan était attendu, lors de la publication de ses résultats 2018 fin février, marqués par une stabilisation de l’activité en France, Carrefour avait annoncé revoir à la hausse certains des objectifs de sa stratégie de transformation, avec un plan d'économies de 2,8 milliards d'euros contre 2 milliards initialement. Selon la direction, « plus d’un millier de postes pourront être remplacés », le congé de fin de carrière permettant ainsi « de favoriser le renouvellement générationnel dans le contexte de la transformation nécessaire du modèle de l'hypermarché ».

La CFDT, qui va consulter ses équipes, « émet un certain nombre de réserves avec le sentiment que le volontariat ne pourra pas être respecté, c’est un projet d'accord à la fois illisible, notamment concernant les réductions d'effectifs prévues dans 46 magasins, et très lisible dans sa logique de réduction des frais de personnel La CGT a de son côté dénoncé « un plan de financiarisation et de sauvegarde de dividendes.

Leclerc défend le modèle de l'hyper

Dans la semaine, Carrefour rejoint Auchan qui a annoncé la vente de 21 sites en France, admettant des difficultés sur son modèle de distribution après recul compris entre 1,5% et 3% en France à l’occasion du premier trimestre. Certains experts pointent un secteur dans une phase de concentration et de restructuration de l'outil commercial, avec de lourds investissements nécessaires en matière de digitalisation. Un constat que rejette Michel Edouard Leclerc, sur son blog : « Carrefour qui tousse, Casino qui éternue, Auchan qui pleure… Et à entendre les chroniqueurs dans certains médias, c'est la fin d'un monde : celui des hypermarchés, et même de la grande distribution. Et si Hyper U, Intermarché ou E.Leclerc font encore la course en tête, qu'ils commencent à trembler, leur tour arrive ! Des diagnostics comme ça, je les entends depuis 30 ans. Je ne sais pas à qui ces propos sont destinés, à la bourse, au politique ou à personne… Mais c'est quand même faire fi de la diversité des enseignes et des politiques commerciales. Oui, il y a des évolutions (digital, mutations de la demande…) et donc de nécessaires transformations. Mais ce n'est pas parce qu'Europe 1 a perdu des auditeurs que RTL ou France Inter vont fermer ! »

« A l'heure où les demandes sociales s'expriment prioritairement sur le pouvoir d'achat, comment ne pas voir que les enseignes les plus chères sont celles qui souffrent le plus ? » ajoute Leclerc, « oui désolé, la politique de prix, plus qu'encore que les formats ou la proximité, reste un critère majeur de la performance commerciale. C'est incroyable qu'il faille le rappeler. »