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Bayer ne déboursera pas 8 milliards pour solder l’affaire du glyphosate

Les États-Unis autorisent la fusion de Bayer avec Monsanto

Les États-Unis autorisent la fusion de Bayer avec Monsanto - Patrik STOLLARZ / AFP

Mise à jour - Ecrasé par 18.400 procédures concernant les effets de l’herbicide RoundUp issu du rachat de Monsanto, des rumeurs démenties prêtaient au géant allemand la volonté de sortir le chéquier pour un règlement global à l’amiable record.

Bayer aimerait-il en finir au plus vite avec l’affaire RoundUp qui l’empoisonne et fait fait fondre son cours de bourse comme neige au soleil ? Rappelons que le géant allemand doit gérer les milliers de plaintes d’américains concernant les effets cancérigènes de l’herbicide au glyphosate de Monsanto racheté en 2018 pour la bagatelle de 63 milliards de dollars.

Selon Bloomberg, Bayer pourrait offrir jusqu'à 8 milliards de dollars aux requérants de 18.400 procédures pour s'éviter de futurs procès liés au glyphosate, alors qu'il en a déjà perdu trois en Californie.

Ce vendredi après-midi, Bayer a démenti faire cette proposition. « Une telle affirmation relève de la pure fiction. Nous n'avons même pas évoqué les compensations dans le cadre de nos discussions en vue d'une médiation », déclare Ken Feinberg, le médiateur entre Bayer et les plaignants.

En juillet dernier, le groupe avait réaffirmé son intention de faire appel des trois premières condamnations, s'appuyant sur des centaines d'études favorables et l'aval des régulateurs du monde entier depuis la mise sur le marché de l'herbicide au glyphosate au milieu des années 1970.

Après avoir bondi de plus de 11% le titre du géant allemand ne gagnait plus que moins de 1%, suite à ce démenti.

Psychodrame

Pour autant, une telle stratégie engluerait Bayer dans des procès sans fin jusqu’à la Cour Suprême alors que ses actionnaires s’inquiètent de plus en plus et remettent en cause la pertinence du rachat de Monsanto.

De quoi plomber durablement l’action du groupe qui avait déjà perdu 40% de sa valeur en juin dernier. L’annonce de cette rumeur lui a permis de reprendre de la hauteur ce vendredi.

Fin juillet, Bayer avait également indiqué qu’il « n'envisagera un règlement amiable que s'il est financièrement raisonnable », avait averti son patron, Werner Baumann.

8 milliards de dollars est-il un montant raisonnable ? Les analystes de la banque Berenberg misaient sur un chèque proche d'un million de dollars par requérant, ce qui portait alors la facture à une dizaine de milliards d'euros.

Cité par l'agence allemande DPA, Markus Mayer, de Baader Bank, penchait plutôt il y a quelques semaines pour un accord compris dans une fourchette de 15 à 20 milliards d'euros. D'autres analystes voient Bayer persister dans une longue et coûteuse bataille judiciaire jusqu'à la Cour Suprême.

L’enjeu est stratégique pour Bayer car cette affaire le fragilise. Pour le moment, Werner Baumann, 56 ans, PDG du groupe, fait face à la fronde. Grand artisan du rachat, il continue de croire au bien-fondé de sa stratégie. Mais en perdant autant de plumes sur les marchés, Bayer pourrait être à son tour avalé par un concurrent, ce qui constituerait un psychodrame en Allemagne.

la rédaction