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Après s'être imposé en France, Babilou se verrait bien champion mondial

Cette société de crèches privées, fondée en  2003, est devenue numéro un en France du secteur.

Cette société de crèches privées, fondée en 2003, est devenue numéro un en France du secteur. - Jean-Pierre Muller-AFP

Depuis qu'il a fait entrer un fonds américain dans son capital, le leader français des crèches privées grandit à vue d'œil. Cette société familiale vient de mettre la main sur Kid'S School, après des rachats au Luxembourg et à Dubaï.

Déloger Babilou de sa place de numéro 1 français des crèches privées va devenir compliqué. Avec l'acquisition de Kid’S Cool, 7ème réseau français de crèches privées avec 22 établissements en région parisienne et 200 salariés, le groupe familial dirige désormais 400 structures d'accueil pour les jeunes enfants en France. Fondé en 2003, le spécialiste des crèches privées emploie déjà, avant ce rachat, 4200 collaborateurs sur l'Hexagone, loin devant ses rivaux Les Chaperons Rouges et La Maison Bleue. 

L'appétit de ce groupe familial est presque sans limite, puisqu'en plus de la croissance par acquisition, Babilou crée de nouveaux établissements. Ils sont vingt à avoir ouvert leurs portes à la rentrée, répartis entre l'Île-de-France et des villes de province (Grenoble, Toulouse, Aix-en-Provence, Angers...).

Le groupe surfe sur la demande des entreprises (pour les plus grandes d'entre elles qui proposent ce service à l'échelon d'une zone d'activité) et des collectivités avec le soutien financier des Caisses d’Allocations Familiales. Grâce à cette aide, les parents bénéficient de conditions tarifaires identiques à celles des crèches municipales, dont les collectivités, souvent à court d'argent, peinent à étoffer le nombre.

Leader en Allemagne dès cette année

Ce groupe à l'actionnariat majoritairement familial, ne limite pas ses horizons à la France. Le monde est aussi devenu sa nouvelle frontière. Pour financer son expansion internationale, Babilou a fait entrer dans son capital TA Associates, un fonds d’investissement international d’origine américaine.

Avant l'arrivée de ce nouvel actionnaire, l’entreprise s’était déjà implantée en Belgique, Suisse et, surtout, en Allemagne, où elle pense s'imposer comme le numéro un des crèches privées d'ici la fin de l'année avec plus de 60 établissements. Cet essor est dû à l'initiative du gouvernement allemand qui a inscrit dans la loi le droit à une place en crèche pour tous les enfants entre leur 1er et leur 3ème anniversaire.

Le numéro un mondial est l'Américain Bright Horizons

Cet été, Babilou a également pris le contrôle à Dubaï de Blossom Nursery avec l'ambition de créer le premier réseau de crèches aux Émirats Arabes Unis. Trois ans après son arrivée en Belgique, le groupe français a aussi investi au Luxembourg dans Lavorel Kids & Baby et ses 33 structures d’accueil.

Pour cette entreprise familiale française au profil type d'ETI (entreprise de taille intermédiaire), l'entrée sur le marché nord-américain devrait représenter le prochain défi.

"Il y a énormément d’acteurs mais si vous prenez le leader mondial, l’Américain Bright Horizons, celui-ci n’a que 3% de son propre marché. Cela nous laisse beaucoup de perspectives de croissance outre-Atlantique mais pas seulement" ajoutait en avril 2017, Rodolphe Carle, le PDG et cofondateur de Babilou sur l'antenne de BFMBusiness.

Frédéric Bergé