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2017, très mauvaise année pour le vin français sauf pour le champagne 

Les conditions météorologiques dégradées du printemps pèsent sur la production de raisin, ce qui alarme le ministère de l'Agriculture. Presque toutes les appellations sont concernées par les mauvaises vendanges à venir.

Les vendanges 2017 s’annoncent "historiquement basses". "À 37,6 millions d’hectolitres, la récolte 2017 devrait être inférieure de 17% à celle de 2016 et de 16% à la moyenne des cinq dernières années" indique Agreste, le bureau des statistiques du ministère de l’Agriculture.

Cette année, la récolte devrait être "historiquement basse et inférieure à celle de 1991, concernée elle aussi par un gel sévère" ajoute la publication. Les gels à répétition du printemps ont touché tous les vignobles en France et plus particulièrement ceux du Bordelais et des Charentes, de l’Alsace et du Jura. Des pertes liées à la grêle sont aussi à prévoir pour le bourgogne, le beaujolais, et les appellations du Sud-ouest, du Languedoc et du Sud-est. 

Tout va bien pour le champagne

Dans le détail, les vins pour eaux-de-vie, comme le Cognac devraient être les plus pénalisés avec une production en baisse de 31%. La profession s’inquiète donc pour les propriétés qui ont peu de stock et de trésorerie. Un quart seulement des viticulteurs sont assurés contre le gel ou la grêle. En revanche, tout va bien pour le Champagne. La région n’a pas échappé au gel, mais les grappes restantes sont de belle qualité. Le Comité Champagne, représentant les professionnels, anticipe même une année record en termes de chiffre d’affaires.

Les vignobles du pourtour méditerranéen sont pour leur part affectés par un autre phénomène, la coulure (chute des fleurs ou des jeunes baies), essentiellement sur les cépages Grenache.

Les premiers coups de sécateurs devraient être donnés fin août, avec quelques jours d'avance. D'après le ministère de l'Agriculture, le cycle végétatif des vignobles présente une avance de dix à vingt jours selon les bassins, par rapport à une année moyenne. Des estimations susceptibles d’être révisées en fonction de la météo des semaines à venir.

Antonin Moriscot avec Hélène Cornet