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Chômage, croissance, dette: quel bilan pour François Hollande?

Le chef de l’État, qui a renoncé à briguer un second mandat, laissera derrière lui un bilan économique mitigé, pour ne pas dire moyen.

Alors que le palais de l’Élysée s’apprête à accueillir un nouveau locataire, l’heure est au bilan pour l’actuel président de la République. François Hollande, qui passera la main ce dimanche, a-t-il redressé la France comme il l’avait promis? Éléments de réponse à l’aide de quelques indicateurs macroéconomiques.

Le chômage, point noir du quinquennat

Dès sa prise de fonction, le chef de l’État avait fait de l’inversion de la courbe du chômage une priorité. D’abord promise pour 2013, celle-ci a constamment été repoussée par l’exécutif, mais n’est jamais intervenue de manière durable. Selon les chiffres de Pôle emploi, la France compte ainsi 585.000 demandeurs d’emploi de plus qu’au début du quinquennat.

En revanche, le taux de chômage, qui prend en compte l’augmentation de la population active, est resté stable. Il s’élevait à 9,7% au 4ème trimestre 2016, comme lors du 2ème trimestre 2012, date d’arrivée de François Hollande à l’Élysée, d’après les données de l’Insee.

La croissance à la peine

Cet échec à faire reculer le chômage de manière durable peut s’expliquer par un déficit de croissance. Durant ses cinq années passées au sommet de l’État, François Hollande n’a jamais bénéficié d’un taux suffisant pour pouvoir inverser la courbe.

Selon les chiffres de l’Insee, le PIB français n’a augmenté que de 0,2% en 2012 puis de 0,6% en 2013, de 0,7% en 2014, et de 1,2% en 2015. Sous réserve de nouvelles corrections statistiques, la croissance en 2016 s’est élevée à 1,1%. 

Le déficit en baisse, la dette continue de se creuser

Également considérée l’un des grands défis du quinquennat, la réduction du déficit public a été réussie en partie par François Hollande. Alors qu’il s’élevait à 4,8% du PIB en 2012, celui-ci a en effet baissé de manière continue lors de son mandat : 4,1% en 2013, 4% en 2014, 3,6% en 2015, et 3,4% en 2016. Pas suffisant, cependant, pour répondre aux exigences de la Commission européenne, qui avait fixé à 3% du PIB la limite du déficit public en zone euro.

Conséquence, la dette publique s’est encore creusée sous le quinquennat Hollande, même si le phénomène a été contenu. Fin 2012, elle s’élevait à 1869,2 milliards d’euros soit 89,6% du PIB français. À la fin du 4ème trimestre 2016, elle s’établissait à 2147,2 milliards, soit 96% du PIB.

Yann Duvert, avec Boris Couret