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Cette usine d'engrais de Saint-Malo, dont les rejets inquiètent la population, va être expertisée

Le tribunal de Saint-Malo a ordonné jeudi une expertise sur les "nuisances olfactives" et les rejets de l'usine d'engrais et de nutrition animale Timac Agro

Le tribunal de Saint-Malo a ordonné jeudi une expertise sur les "nuisances olfactives" et les rejets de l'usine d'engrais et de nutrition animale Timac Agro - Damien Meyer

Le tribunal de Saint-Malo a ordonné une expertise sur les "nuisances olfactives" et les rejets de l'usine d'engrais et de nutrition animale Timac Agro, dénoncés depuis plusieurs mois par des habitants et une association locale.

Les riverains de l'usine d'engrais et de fertilisants Timac de Saint-Malo ont eu gain de cause. Le juge des référés du tribunal de la cité malouine estime qu'il existe un "motif légitime" à ordonner cette expertise en raison des "contradictions entre les nombreuses attestations, les constats, les mesures effectuées" par la société Timac et le rapport final de l'organisme de surveillance de la qualité de l'air Air Breizh.

"C'est gagné. Nous avons la désignation d'un expert près de la Cour d'appel de Paris. C'est ce qu'on attendait", s'est félicitée Virginie Le Roy, avocate de douze habitants malouins, parmi lesquels des membres de l'association "Osons!". Selon l'avocate, cette "décision symbolique" a été rendue en présence de plusieurs des habitants qui avaient assigné Timac Agro en référé.

Une usine située près de la vieille ville

Fin mai 2020, ces habitants et l'association Osons!, avaient assigné en référé civil cette usine de fabrication d'engrais, filiale du groupe Roullier, pour "troubles anormaux de voisinage". L'un des deux sites incriminés, installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE), est situé sur le quai intérieur du port de Saint-Malo, près de la vieille ville. L'experte parisienne désignée par le tribunal devra notamment "dire si les nuisances olfactives et les rejets dépassent les troubles normaux de voisinage" et "décrire et chiffrer les travaux nécessaires pour assurer la conformité réglementaire et le risque sanitaire maîtrisé et faire baisser les nuisances olfactives" et les rejets d'ammoniac.

Un rapport attendu dans un délai de 9 mois

L'experte, dont le rapport est attendu dans un délai de neuf mois, ne pourra en revanche pas se faire communiquer de documents sur les "procédés de fabrication ou de production" de l'usine ou sur les "descriptifs des composants utilisés et des produits fabriqués".

La société a quant à elle salué "la décision du tribunal (...) qui permettra de répondre aux inquiétudes des riverains". "Les taux mis en avant par les plaignants sont issus des bilans d'auto-surveillance que Timac Agro France communique, elle-même, chaque mois aux autorités et correspondent aux émissions en sortie de cheminée et en aucun cas aux concentrations d'exposition des riverains", ajoute-t-elle.

F.B avec AFP