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Bruno Le Maire veut rassurer les routiers: "J'invite les entreprises à mieux les accueillir"

Invité sur BFMTV-RMC, le ministre de l'Economie dit comprendre les routiers qui veulent exercer leur droit de retrait et a appelé les entreprises qui travaillent avec eux à mieux les accueillir.

Les routiers doivent être mieux accueillis, ils sont essentiels dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire. C'est le message qu'a voulu faire passer ce matin Bruno Le Maire sur BFMTV-RMC.

Alors que des syndicats de la profession appellent les routiers à exercer individuellement leur droit de retrait en cas de manquement aux conditions sanitaires, le ministre de l'Economie a reconnu ce matin que leur demande était légitime.

"Je comprends parfaitement que les routiers demandent à avoir les protections sanitaires nécessaires. Il faut garantir la continuité du pays. Mais ça ne peut pas se faire au détriment de la sécurité", assure Bruno Le Maire qui a constaté de nombreux manquements. Il faut garantir la sécurité sur leur point de livraison, il faut qu'ils puissent se laver les mains, être accueillis dans de bonnes conditions, se reposer. Dans les usines qu'ils livrent, dans les entreprises mais aussi dans les magasins".

Selon les trois organisations syndicales (CFDT, FO et CFTC) qui dénoncent les conditions de travail, "le constat est récurrent de jour en jour", avec un "manque de masques, gants et gel hydroalcoolique", un "manque de sanitaires et douches" accessibles, des services de restauration "pas assez répandus" et des "clients ne respectant pas les conducteurs à la juste mesure".

Le ministre de l'Economie assure que "déjà beaucoup de choses ont été faites avec la ministre du Transport Elisabeth Borne comme des hôtels réquisitionnés, des restoroutes ouverts pour eux. Mais s'il faut faire plus, nous ferons plus."

Les syndicats demandent notamment "l'arrêt des transports non essentiels", la "réquisition des aires de repos, stations-services, restaurants routiers" et, pour les transports sanitaires, "les mêmes protections que les urgentistes".

La semaine dernière, FO avait, seule, lancé puis levé un appel au droit de retrait à partir du 23 mars pour les salariés du transport routier et de la logistique "non essentiels". Le syndicat avait expliqué lever son appel après avoir obtenu une série d'engagements du gouvernement pour garantir la sécurité sanitaire des chauffeurs pendant l'épidémie de coronavirus.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco