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Bruno Le Maire: "le plus dur du choc économique est devant nous"

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Face aux députés à l'Assemblée ce jeudi, le ministre de l'Economie a évoqué la chute du PIB qui promet un choc économique violent et a appelé à reprendre l'activité.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, s'est alarmé ce jeudi devant les députés à l'Assemblée de la chute du PIB français au premier trimestre.

La contraction de 5,8% du produit intérieur brut français au premier trimestre constitue "une véritable alerte" sur "la violence du choc économique" que connaît la France et sur "la nécessité de reprendre l'activité", a commenté jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

"Le plus dur est devant nous", a prévenu le ministre lors d'une audition par les commissions des affaires économiques et du développement durable de l'Assemblée nationale, avertissant qu'à partir du déconfinement le 11 mai, une période s'ouvrait "où nous verrions des faillites et des destructions d'emplois".

"Nous avons eu un premier temps de cette crise où nous avons amorti le choc. Il y a un deuxième temps de la crise: celui dans lequel nous allons rentrer à partir du 11 mai est un temps de transition", a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, "nous allons voir des entreprises confrontées à des problèmes de solvabilité. C'est une période où nous verrons des faillites et des destructions d'emplois et je préfère le dire avec beaucoup de clarté", a encore estimé le ministre.

Selon une première estimation jeudi de l'Office européen des statistiques Eurostat, la zone euro a enregistré sur les trois premiers mois de l'année un repli de 3,8% de son PIB, du jamais vu dans la courte histoire de la monnaie unique, lancée en 1999. Et c'est la France qui compte la plus forte chute, avec un PIB diminué de 5,8% au premier trimestre, contre 5,2% en Espagne, 4,7% en Italie, 3,9% en Belgique et 2,5% en Autriche. Le gouvernement français table par ailleurs sur un recul du PIB de 8% sur l'ensemble de l'année.

Mercredi, Bruno Le Maire avait déjà appelé un "maximum de Français" à reprendre le travail, "dans les meilleures conditions possibles" de sécurité pour les salariés à partir du 11 mai afin de faire repartir l'économie. Un "troisième temps" viendra ensuite, dans lequel la France devra définir un nouveau modèle économique, a indiqué Bruno Le Maire devant les députés, défendant notamment une "accélération" de la transition écologique pour que la France soit "la première économie décarbonée en Europe".
N.G. avec AFP