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Bill Gates plaide en faveur d’une augmentation des impôts pour les plus fortunés

Bill Gates

Bill Gates - AFP

Le deuxième homme le plus riche du monde propose de renforcer la fiscalité pour les plus fortunés afin de réduire les inégalités aux États-Unis. Il estime que "le gouvernement américain ne récolte simplement pas assez d'argent pour remplir ses obligations".

Bill Gates persiste et signe. Après avoir exigé du gouvernement américain un renforcement de la fiscalité pour les plus riches en 2018, le deuxième homme le plus riche du monde réitère sa proposition. Dans une note publiée sur son blog le 30 décembre et repérée par Le Figaro, le fondateur de Microsoft dit vouloir se "concentrer sur un problème particulier qui est venu au premier plan en 2019 et qui sera au premier plan pour beaucoup en 2020: le régime fiscal américain".

Conscient "des inégalités flagrantes" qui "continuent de séparer les chanceux des malchanceux partout dans le monde", il reconnaît bénéficier "d’immenses privilèges du fait de ces inégalités". Pour les réduire, il appelle à faire payer davantage d’impôts aux plus fortunés:

"La vérité, c’est que je fais pression pour un système fiscal plus juste depuis des années", explique-t-il.

Selon lui, "le gouvernement américain ne récolte simplement pas assez d’argent pour remplir ses obligations". Il estime en outre avoir "été récompensé de manière disproportionnée pour le travail qu’(il) a fait, tandis que beaucoup d’autres qui travaillent tout aussi dur ont du mal à s’en sortir". "Je pense que les riches devraient payer plus qu’ils ne le font actuellement, et cela inclut Melinda et moi", poursuit Bill Gates.

"Rendre notre système plus équitable sans sacrifier l’incitation à innover"

Pour ce faire, il propose notamment d’augmenter les taxes sur le capital, au niveau de celles sur le travail, car il n’y a "aucune raison de privilégier la richesse sur le travail". Il appelle également à renforcer les taxes sur les successions pour en finir avec un "système dynastique", estimant que "transmettre une grande richesse à vos enfants n’est bon pour personne".

"La prochaine génération ne se retrouve pas avec la même incitation à travailler dur et à contribuer à l’économie", détaille Bill Gates avant d’expliquer qu'une large partie de sa richesse est et sera destinée à sa fondation plutôt qu’à ses enfants. Il propose enfin de supprimer plusieurs mécanismes permettant aux plus riches de payer moins d’impôt et encourage ces derniers à faire plus de dons.

"Le pays doit réfléchir à la manière dont les impôts devraient être augmentés", conseille encore le fondateur de Microsoft. "Je crois que nous pouvons rendre notre système plus équitable sans sacrifier l’incitation à innover. […] J’espère voir des progrès non seulement dans la manière dont les impôts sont collectés, mais aussi dans la façon dont ils sont dépensés pour construire un monde plus sain et équitable pour tous", conclut-il.

"J’ai payé davantage d’impôts [...] que quiconque"

En 2018, Bill Gates avait déjà appelé à renforcer la fiscalité des plus riches. "J’ai payé davantage d’impôts, plus de dix milliards de dollars, que quiconque mais le gouvernement devrait exiger des personnes dans ma position de payer des impôts bien supérieurs", avait-il déclaré.

Fin 2019, il avait toutefois fixé ses limites: "Je veux bien payer 20 milliards. Mais si vous me dites que je dois payer 100 milliards de dollars, il faut que je calcule combien il va me rester", avait-il souligné en réaction à la proposition d’Elizabeth Warren, candidate aux élections présidentielles de 2020, d’augmenter les impôts sur les sociétés et sur les riches.

Cette dernière avait d’ailleurs tenu à le rassurer, promettant sur Twitter que la taxe sur les grandes fortunes ne serait pas de 100 milliards de dollars. Et de s’engager à rencontrer Bill Gates pour lui donner le montant exact de ses impôts si elle est élue.

Paul Louis