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Air France: les syndicats des navigants réclament l'arrêt des vols vers la Chine

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Les représentants syndicaux des personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France ont demandé à la direction l'arrêt des vols de la compagnie à destination de la Chine en raison de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris ce jeudi de sources syndicales. La compagnie a réduit ses vols vers la Chine mais ne les a pas suspendu contrairement à British Airways, Lufthansa ou Iberia.

Alors que plusieurs grandes compagnies aériennes européennes ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale (cf encadré ci-dessous), contrairement à Air France qui a maintenu ses vols vers Shanghai et Pékin, celle-ci fait face à une demande dans ce sens de ses personnels.

Les représentants syndicaux des personnels navigants commerciaux (PNC) de la compagnie nationale française ont demandé à la direction l'arrêt des vols de la compagnie à destination de la Chine en raison de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris jeudi de sources syndicales.

Des gants et des masques pour les navigants

Un porte-parole de la compagnie a déclaré, de son côté, à Reuters qu'Air France suivait "la situation en temps réel, laquelle évolue rapidement" et que la santé et la sécurité de ses personnels restaient "ses priorités absolues".

De son côté, un représentant du syndicat national des PNC de la compagnie français nous a déclaré qu'Air France avait accepté de respecter l'exercice du droit de retrait pour les personnels ne désirant pas embarquer sur les vols vers la Chine, en raison du risque sanitaire.

Le droit de retrait reste très encadré chez Air France

L'exercice du droit de retrait est toutefois très encadré chez Air France. Selon Flore Arrighi, présidente du syndicat UNAC, "en dehors des crises sanitaires, les PNC peuvent refuser de partir en vol, par exemple s'ils ont peur des tremblements de terre à Los Angeles. Dans ce cas-là, ils sont renvoyés chez eux et perdent un trentième de leur rémunération, car ils n’ont pas exercé leur activité".

La perte de salaire n'est pas systématique. "En cas de crise sanitaire, comme avec le coronavirus ou ebola, on les redirige vers un autre vol afin qu’ils ne perdent pas une journée de salaire. Depuis hier, Air France permet aussi aux navigants de rentrer chez eux s’ils refusent un vol vers Pékin ou Shanghaï, sans être pénalisés sur leur salaire" ajoute cette représentante syndicale.

Par ailleurs, la compagnie aérienne met à disposition des gants et des masques à disposition de tous les PNC sur les vols vers la Chine y compris vers Hong Kong.

En fin de journée, hier mercredi 29 janvier, Air France a décidé de suspendre ses vols pour Wuhan "jusqu’à nouvel ordre", principal foyer de l'épidémie de coronavirus, dans le centre de la Chine. La compagnie aérienne précise qu'elle maintient la desserte de Shanghai et Pékin, mais de façon réduite. Comme d'autres compagnies, elle a pris cette décision "en raison de la baisse de la demande sur ces destinations" à partir du 31 janvier 2020.

british airways, lufthansa, iberia suspendent leurs vols vers la chine

Plusieurs compagnies aériennes européennes ont déjà pris la décision de suspendre leurs vols vers la Chine continentale face à la propagation du nouveau coronavirus qui a déjà fait 170 morts.

  • British Airways a annoncé la suspension immédiate de tous ses vols vers la Chine continentale, suivant la recommandation du Royaume-Uni d'éviter de se rendre dans le pays. Elle a été la première compagnie européenne à annoncer une telle mesure. British Airways assure des vols quotidiens reliant Londres à Pékin ou Shanghai.
  • Lufthansa: la compagnie allemande a suspendu tous ses vols vers et en provenance de Chine continentale, jusqu'au 9 février.
  • Iberia: la compagnie espagnole va suspendre à partir du vendredi 31 janvier de sa desserte de Shanghai, sa seule destination en Chine.
Frédéric Bergé avec Ambre Lepoivre