BFM Business

62% des salariés français sont déjà allés travailler en étant malades

62% des Français sont déjà allés travailler malade

62% des Français sont déjà allés travailler malade - Msama Flic CC

Selon une enquête de la Dares réalisée auprès de 19.200 répondants entre octobre 2015 et juin 2016, les salariés français se sont en moyenne rendus au travail plus d'un jour de maladie sur quatre.

Les salariés français se sont rendus au travail plus d'un jour de maladie sur quatre, un phénomène de "présentéisme en cas de maladie" accentué par certaines conditions de travail, selon une étude du ministère du Travail publiée ce mercredi.

D'après cette étude, basée sur 19.200 réponses d'une enquête conduite d'octobre 2015 à juin 2016, "les salariés signalent en moyenne onze jours de maladie qui ont donné lieu à huit jours d'absence au travail", précise la Direction des études et des statistiques (Dares). "Plus d'un jour de maladie sur quatre (27%) s'est traduit par du présentéisme, une pratique qui consiste à aller travailler tout en étant malade", relève la Dares.

Au niveau européen, ce phénomène est particulièrement marqué en France, où 62% des salariés ont fait au moins un jour de présentéisme en cas de maladie en 2015, contre 42% des salariés dans l'ensemble de l'Union européenne, selon une enquête européenne sur les conditions de travail. "La propension au présentéisme (...) varie d'abord en fonction de l'état de santé des salariés: plus le nombre annuel de jours de maladie est élevé, plus la part des jours de présentéisme dans l'entreprise est faible", explique la Dares.

Un "présentéisme" lié aux conditions de travail

Les salariés qui ne signalent qu'un ou deux jours de maladie dans l'année passent 83% de ces jours au travail, contre 21% pour ceux pour ceux cumulant plus de quinze jours de maladie. Les conditions de travail jouent également un rôle important dans la propension des salariés à venir travailler tout en étant malades. Ainsi, "les salariés qui signalent de mauvaises relations avec leur hiérarchie, un travail intense ou un sentiment d'insécurité économique ont tendance à passer au travail une part plus importante de leurs jours de maladie", note la Dares.

"Lorsqu'il fait face à une demande de travail importante (en intensité, en quantité ou en temps de travail), ou lorsqu'il manque de moyens pour faire correctement son travail (...), le salarié pourrait être découragé de s'absenter par la perspective d'une quantité de travail encore plus importante à son retour de maladie ou par la pression des collègues sur qui retomberaient les tâches non réalisées", analyse-t-elle.
P.L. avec AFP