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Alpes-Maritimes: un nombre record de migrants mineurs, les centres d'accueil saturés

Ecusson de la Police aux frontières (illustration)

Ecusson de la Police aux frontières (illustration) - ERIC PIERMONT / AFP

4.909 mineurs non accompagnés ont été "mis à l'abri" en 2022. Un chiffre en hausse de 21%, par rapport à 2021.

Le département des Alpes-Maritimes compte un nombre record de migrants mineurs, venus souvent d'Italie voisine, et fait face à une saturation de ses structures d'accueil, ont alerté mardi la préfecture et le Conseil départemental.

"Quelque 690 mineurs non accompagnés (MNA) sont actuellement pris en charge par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, un niveau jamais atteint", a indiqué la préfecture des Alpes-Maritimes, confirmant une information de Nice-Matin.

"Le flux de janvier demeure très élevé, d'où la saturation du dispositif, en dépit de l'augmentation du nombre de places", a ajouté la préfecture, alors que l'accueil de ces mineurs est de la compétence du département.

4.909 mineurs non accompagnés

Selon des chiffres fournis par le département, 4.909 mineurs non accompagnés, essentiellement d'origine africaine, ont été "mis à l'abri" en 2022, c'est-à-dire hébergés en urgence à leur arrivée pour quelques jours, le temps d'évaluer leur minorité. Ils étaient 4.049 en 2021, soit une hausse de 21%.

Dans le même temps, 617 MNA ont été pris en charge en hébergement de longue durée, contre 442 en 2021 (+40%).

"En huit ans, l'explosion des flux migratoires a amené le département à une prise en charge des MNA multipliée par 28", a indiqué à l'AFP le département, qui peut faire appel à la solidarité des départements voisins.

Les associations humanitaires dénoncent des conditions d'accueil insuffisantes. "Les foyers d'accueil sont totalement saturés. Nous dénonçons le manque d'anticipation du département face à cette crise humanitaire", a réagi David Nakache, président de l'association "Tous citoyens", qui s'occupe principalement des mineurs isolés étrangers.

"Face à la saturation des foyers d'accueil, on installe ces mineurs dans des chambres d'hôtel", souligne David Nakache pour qui "il serait moins coûteux et plus efficace pour la prise en charge de ces mineurs de construire un nouveau centre d'accueil".

"On a l'impression que le département gère au coup par coup", a encore estimé David Nakache, qui dénonce le "défaut de prise en charge par le département" de 18 jeunes migrants en début de semaine, maintenus dans les locaux de la Police aux frontières de Menton".

"Nous demandons à ce que les migrants et demandeurs d'asile en France bénéficient des mêmes aides que celles dont ont bénéficié les réfugiés ukrainiens. Il y a une volonté politique d'accueillir ou non ?", a-t-il ajouté.

S. B. avec AFP