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Des millions de vieilles voitures polluantes exportées chaque année vers des pays en développement

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Image d'illustration - Eric Piermont - AFP

Un rapport inédit du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE) se penche sur les exportations de véhicules en fin de vie. La plupart des pays importateurs se montrent peu regardants sur l'ancienneté et le niveau de pollution des voitures récupérées.

Vieilles, polluantes et dangereuses: les voitures d'occasion exportées par millions représentent une menace pour les pays en développement, faute de normes suffisantes, selon un rapport inédit publié lundi par le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE).

Trois millions de voitures par an

L'Union européenne, le Japon et les Etats-Unis ont exporté environ trois millions de voitures particulières par an entre 2015 et 2018, dont 70% vers des pays en développement.

Les pays européens, qui représentent plus de la moitié des exportations, envoient leurs vieilles voitures notamment vers l'Est, mais aussi au Nigeria et en Libye, depuis les ports d'Anvers ou du Havre. Le Japon les envoie au Moyen-Orient et en Afrique australe, et les Etats-Unis au Mexique et aux Emirats arabes unis.

Dans le port d'Amsterdam, lors d'une inspection des autorités néerlandaises fin 2019, l'âge moyen des véhicules en attente était de 18 ans et leur compteur dépassait les 200.000 km en moyenne.

Pas moins de 93% étaient aux normes Euro 3 (commercialisées au début de la décennie 2000), ou inférieures.

Une partie des véhicules était hors d'usage, certains avaient leur pot catalytique scié. Les plus âgés partaient pour la Gambie, les plus jeunes pour le Maroc.

Des exports à réglementer

Ce rapport est inédit parce qu'il rassemble des données éparpillées jusqu'ici dans les registres nationaux.

"Ce n'est pas beau à voir, a souligné Rob de Jong, qui dirige l'unité Mobilités durables du PNUE, lors d'une conférence de presse. La plupart de ces véhicules sont très vieux, polluants, énergivores et dangereux".

Alors que le nombre de véhicules pourrait au moins doubler d'ici à 2050, et atteindre les deux milliards d'unités sur la planète, il devient urgent de mieux réglementer ces exports, souligne le PNUE. D'autant plus que la Chine, qui interdisait l'exportation d'occasions jusqu'en 2019, pourrait très vite devenir un acteur majeur de ce marché.

Par ailleurs, la part de véhicules diesel a explosé ces dernières années dans les exportations, leur étoile ayant pâli sur les marchés occidentaux.

"Rendre la flotte mondiale plus propre est une priorité pour atteindre nos objectifs climatiques et de qualité de l'air", souligne dans un communiqué Inger Andersen, qui dirige le PNUE. "Les pays développés doivent arrêter d'exporter des véhicules qui échouent aux tests de sécurité et de pollution, et qui ne pourraient plus rouler dans leur pays d'origine. Les pays importateurs devraient de leur côté adopter des normes de qualité plus sévères", en n'acceptant que des véhicules Euro 4 (depuis 2005-2006) au minimum.

Un cadre plus strict se prépare dans certains pays

Deux tiers des 146 Etats étudiés par le PNUE ont des règles "faibles" ou "très faibles" concernant l'importation de véhicules.

La République démocratique du Congo impose une limité d'âge de 20 ans et aucune règle en termes d'émissions de gaz polluants. La Géorgie ne les taxe que selon leur cylindrée et présente une des flottes les plus âgées au monde.

Une quarantaine de pays ont au contraire imposé des règles plus strictes sur les importations. Certains pays comme le Chili ou l'Afrique du Sud interdisent l'importation d'occasions. Le Sri Lanka impose une limite d'âge de trois ans et soutient l'importation de véhicules électriques, dont l'offre en occasion est appelée à se multiplier.

Et de son côté, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a récemment décidé qu'elle ne laisserait progressivement plus entrer que des véhicules aux normes Euro 4 au minimum et âgés de 5 ans au maximum.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet avec AFP Journaliste BFM Auto