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Pourquoi les Rolls-Royce finiront par être silencieuses

Le  Concept Vision Next100 dévoilé en mai 2016 pour les 100 du groupe BMW dispose de moteurs électriques installés dans ses roues.

Le Concept Vision Next100 dévoilé en mai 2016 pour les 100 du groupe BMW dispose de moteurs électriques installés dans ses roues. - BMW

Le constructeur de limousines de luxe envisage de passer directement aux modèles électriques, sans cocher la case hybride. Mais le V12 résonnera encore quelques années, le temps que la technologie soit au point.

Rolls-Royce s’essaie depuis quelques temps à l’électrique, comment l'attestent le concept 102 EX, et plus récemment le Vision 100 Concept, qui préfigurait la Rolls du XXIe siècle. Au-delà de ces études de style, le luxe se fera bientôt silencieux: une Rolls-Royce électrique verra en effet bien le jour.

Pas d'hybride chez Rolls 

Lors du Festival of Speed de Goodwood (Grande-Bretagne) le week-end dernier, Torsten Müller-Otvös le directeur général de Rolls-Royce a ainsi confié à nos confrères du magazine Autocar:

“L’électrification c’est ce qui nous attend, et il n’y aura pas d’étape intermédiaire pour nous comme l’hybridation. C’est le groupe moto-propulseur du futur. A une certaine époque, personne ne peut prédire quand exactement, il n’y aura plus de moteur à combustion. Ce sera dans très très longtemps, mais cela arrivera".

Pas de panique, le V12 Rolls ne disparaîtra pas à la fin de la décennie. Torsten Müller-Otvös a en effet replacé l’arrivée d’une Rolls-Royce électrique dans le contexte du marché du luxe. Pour lui, Rolls-Royce n’est pas un laboratoire technologique. Une limousine anglaise n’aura donc un moteur électrique que lorsque la technologie sera suffisamment performante.

le patron de Rolls-Royce ne mise pas sur la technologie hybride rechargeable.
le patron de Rolls-Royce ne mise pas sur la technologie hybride rechargeable. © BMW

Les énergies alternatives, blablabla depuis longtemps ?

La question des motorisations propres taraude les dirigeants de Rolls-Royce depuis plusieurs années, avec plusieurs impératifs. Tout d’abord, les clients Rolls-Royce résident souvent dans les grandes mégalopoles qui limitent la circulation des modèles à moteur thermique. Ensuite, selon son standing, la marque ne peut pas proposer un moteur moins puissant que le V12 6.6 litres (il affiche plus de 630 chevaux sur le coupé Wraith). Proposer une puissance équivalente demande en l’état actuel un gros travail de limitation du poids, pour embarquer les batteries.

Mais Rolls-Royce peut profiter de l’appui de sa maison-mère BMW, qui compte électrifier l’ensemble de sa gamme. Une tendance qui se généralise, puisque ce jeudi, le constructeur suédois Volvo (propriété du Chinois Geely) a annoncé qu’à partir de 2019, tous ses modèles seront soit électriques, soit hybrides. Quant à la firme bavaroise, elle pourrait même proposer une Série 3 électrique au prochain salon de Francfort en septembre, rivale de la future Tesla Model 3, et taillée pour le marché européen. Entre janvier et fin mai, plus de 100 000 voitures électriques et hybrides ont été vendues en Europe.

La voiture la plus chère au monde

L’arrivée de la nouvelle génération de Phantom, le vaisseau-amiral de Rolls-Royce en septembre, devrait donner une première piste sur le futur de la marque britannique. La marque reste également sur ses fondamentaux de production de limousines luxueuses sur-mesure. Fin mai, le constructeur a ainsi dévoilé la Sweptail, un exemplaire unique facturé plus de 11 millions d’euros… Ce qui en fait la voiture la plus chère du monde actuellement.

Pauline Ducamp