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Luca de Meo débarque à la tête de Renault en pleine crise

Le nouveau directeur général de Renault, Luca de Meo

Le nouveau directeur général de Renault, Luca de Meo - Renault - Olivier MARTIN-GAMBIER

L’ex-dirigeant de Seat, crédité de sa renaissance, et considéré comme un as du marketing, prend les rênes de Renault ce mercredi alors que le constructeur prévoit une vaste restructuration.

Expert en marketing crédité du redressement de la marque automobile Seat, Luca de Meo, un Italien francophone, prend mercredi le volant de Renault pour tenter de sortir le constructeur de l'ornière.

"Dans l'automobile, lorsque les choses sont bien faites, les situations peuvent se retourner très, très vite", déclarait il y a une dizaine de jours aux actionnaires du constructeur au losange ce dirigeant auréolé de ses succès récents.

Optimisme et confiance

Arrivé il y a quatre ans à la tête d'une marque en perte de vitesse, Luca de Meo a conduit Seat vers les sommets. En 2019, pour la deuxième année consécutive, cette filiale espagnole de Volkswagen a battu un record de ventes, avec plus de 574.000 véhicules écoulés.

"Je suis tout à fait conscient de la difficulté de la situation dans laquelle se trouve Renault, aggravée par un contexte économique adverse", a déclaré Luca de Meo lors de l'assemblée générale des actionnaires du 19 juin. Mais il s'est dit "optimiste et confiant".

Plombé par des surcapacités de production, Renault, qui était en difficulté financière avant même la crise du Covid-19, a récemment annoncé la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France.

Luca de Meo est le premier étranger à diriger cette icône du capitalisme français en plus de 120 ans d'existence. Le Libano-brésilien Carlos Ghosn, déchu de ses fonctions de PDG et réfugié au Liban après avoir été poursuivi au Japon pour des malversations, avait en effet été naturalisé français avant de diriger le groupe à partir de 2005.

Montée en gamme de Dacia

Le profil de ce manager de 53 ans correspond au "nouveau souffle" que veut porter le président du groupe, Jean-Dominique Senard, après avoir limogé en octobre le directeur général Thierry Bolloré, victime de ses mauvaises relations avec Nissan, le partenaire japonais.

Luca de Meo s'est taillé une réputation de visionnaire en portant de nouveaux concepts de mobilités et des innovations dans la connectivité des véhicules. Il n'a cependant jamais dirigé de groupe de la dimension de Renault, qui fait environ six fois la taille de Seat.

Il arrive dans une entreprise traumatisée par plus d'un an de crise dans le sillage de l'affaire Ghosn: ventes en chute, cadres dépités qui ont claqué la porte, alliance avec Nissan et Mitsubishi à reconstruire.

Il devra notamment relancer les ventes du losange en Europe, en faisant monter en gamme la marque par rapport à la filiale roumaine à bas coût Dacia. Luca De Meo doit présenter début 2021 un nouveau plan stratégique.

N.G. avec AFP