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Les mauvais résultats de Nissan coûtent 56 millions d'euros à Renault au 1er trimestre

Renault

Renault - Kazuhiro NOGI / AFP

Pour la première fois en dix ans, les résultats de Nissan vont faire chuter les bénéfices de Renault de 56 millions d'euros au premier trimestre. Sur son exercice décalé 2018-2019, le constructeur japonais a publié ce mardi un bénéfice net en baisse de 57% sur un an.

Les mauvais résultats de Nissan vont avoir un impact négatif de 56 millions d'euros sur les bénéfices de Renault au premier trimestre de cette année, une première depuis dix ans, a annoncé le constructeur français ce mardi.

Nissan, détenu à 43% par le groupe Renault, a été un pilier de la rentabilité du groupe au losange ces dernières années. La dernière contribution négative remontait à 2009 (-902 millions d'euros sur l'exercice complet), a précisé Renault à l'AFP.

Sur l'ensemble de 2018, la contribution de Nissan aux résultats de Renault avait déjà baissé de près de moitié par rapport à 2017, mais avait tout de même atteint 1,51 milliard d'euros, soit environ la moitié du bénéfice net du groupe français (3,3 milliards). Sur son exercice décalé 2018-2019, le constructeur japonais a publié ce mardi un bénéfice net en baisse de 57% sur un an, à 319 milliards de yens (2,5 milliards d'euros), loin de son objectif initial de 500 milliards de yens.

"Ces résultats ne sont pas une bonne nouvelle pour l'alliance"

"On ne peut que déplorer les résultats de Nissan. Ce qui est mal pour Nissan est mal pour Renault et inversement. Et ces résultats ne sont pas une bonne nouvelle pour l'alliance", a déclaré à l'AFP un porte parole de Renault.

L'ambiance est lourde ces dernières semaines entre les deux alliés, en raison d'une série de fuites autour d'un projet de resserrement des liens de l'alliance. Nissan rejette une intégration plus poussée pourtant réclamée par Renault et est soupçonné d'avoir livré à la presse des discussions confidentielles sur un projet de création de holding commune.

Par ailleurs, alors que Nissan attribue à l'ancien patron déchu de l'alliance, Carlos Ghosn, la responsabilité de ses difficultés actuelles, plusieurs cadres de Renault pointent au contraire du doigt celle du directeur général Hiroto Saikawa. L'alliance a été profondément traumatisée par l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre au Japon pour des malversations présumées.

Paul Louis avec AFP