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La voiture électrique fait un carton (mais pas dans les villes)

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Les ventes de voitures électriques ont été multipliées par quatre en janvier. Mais ce n’est pas dans les villes que les immatriculations ont explosé, plutôt dans les départements ruraux et les zones périurbaines.

La voiture électrique, une voiture urbaine, loin s’en faut. Si les immatriculations ont été multipliées par quatre en France en janvier, les parts de marché les plus importantes ne se trouvent pas à Paris, mais dans la Creuse.

Moins de 5% dans les Hauts-de-Seine

Alors que les voitures zéro émission représentaient en moyenne 8,19% des immatriculations le mois dernier, 16,76% des voitures neuves creusoises sont électriques. Idem dans la Manche (14,09%), l’Isère (11,83%) ou encore en Ardèche (11,26%). Les automobilistes y ont acheté plus de voitures électriques en moyenne que le reste de l’Hexagone, selon des chiffres exclusifs de notre partenaire spécialiste de la donnée AAA Data.

A contrario, dans tous les départements d’Ile-de-France, les immatriculations de voitures électriques sont inférieures à la moyenne nationale: 7,51% à Paris ou seulement 4,27% dans les Hauts-de-Seine, un département où les habitants disposent d'un fort pouvoir d’achat. Dans l’Oise, moins de 2,09% des immatriculations sont couvertes par les voitures électriques.

Plus pratique, plus économique

Certes, les volumes d’achat sont plus importants dans un département comme l’Oise (133 voitures électriques) que dans la Creuse (30 voitures). Mais le premier est aussi beaucoup plus peuplé avec 14 fois plus de voitures vendues le mois dernier.

Notre carte illustre une tendance que rapportent depuis plusieurs mois les constructeurs: la voiture électrique trouve un écho très favorable dans les campagnes, les petites villes, les zones périurbaines et pavillonnaires.

"Il est beaucoup plus facile de recharger chez soi en installant une prise à domicile, confirme Mathieu Chiara, porte-parole de l’Avere France, l’association qui milite pour le développement de la voiture électrique. Les ruraux comme les périurbains parcourent plus de kilomètres au quotidien en voiture, rouler en électrique permet de faire des économies".

Ce mercredi dans Bourdin direct sur RMC, David faisait exactement ce calcul. Son épouse roulait jusque récemment chaque jour en Mitsubishi i-Miev.

"Le coût financier est plus qu’agréable. Ma femme faisait 80 km par jour pour aller à son travail et ça nous coûtait en leasing avec batteries 100 euros par mois. C’était franchement rentable en seconde voiture", raconte cet habitant.

Certaines hausses des ventes s’expliquent aussi par des politiques locales d’aides à l’achat. Les Bouches-du-Rhône par exemple proposent 5000 euros d’aides qui s’additionnent au bonus. Résultat: plus de 500 voitures électriques ont été immatriculées en janvier, soit 13,21% du marché.

Toutes les régions ne sont pas concernées. Les habitants des Hauts-de-France, d’une grande partie de la région Grand Est ou encore du Sud-Ouest comme les Corses restent pour le moment peu sensibles à l’électrique.

Le coût à l'achat mais aussi au quotidien restent en effet l'une des clés pour passer à la voiture électrique, comme l'explique l'une des auditrices de Jean-Jacques Bourdin.

"Nous avons des amis qui ont une Renault Zoé, très pratique pour aller au travail, explique au standard Camille, une habitante du Tarn-et-Garonne. Entre la location de batteries et le recharge de 2 euros pour une centaine de kilomètres, nous nous sommes rendu compte qu’il était plus intéressant de nous tourner sur un véhicule essence avec le kit pour rouler au bioéthanol. Surtout que nous avons une station à côté de la maison. Sans critiquer le véhicule, c’était plus intéressant pour nous".

Le succès des petites voitures françaises

Cette hausse du marché a surtout bénéficié aux modèles français, comme le montre notre graphique ci-dessous.

Les ventes aux particuliers comme l'arrivée de nouveaux modèles sur le marché aux plus grandes autonomies n’expliquent pas à elles seules ces très bons chiffres de janvier.

"Après le pic de janvier, les immatriculations de véhicules électrifiés [électriques et hybrides, NDLR] devraient baisser progressivement, avant de redécoller dans un second temps, avec le développement de l'offre, estime François Roudier, directeur de la communication du CCFA, dans Les Echos. Le fait qu'un certain nombre de concessions se soient équipées d'un modèle pour pouvoir le montrer à leurs clients a donné un coup de pouce aux immatriculations".

Certains constructeurs ont aussi pu décaler les livraisons de modèles commandés en septembre, octobre ou novembre, afin de les comptabiliser dans les chiffres 2020. La baisse de ventes des modèles thermique a aussi mécaniquement fait monter la part d'électriques.

Pauline Ducamp avec Louis Tanca