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Essai - Volkswagen Arteon, dernier vaisseau avant la Rédemption

L'Arteon représente le nouveau vaisseau amiral de la gamme  Volkswagen mais peut-il séduire une clientèle premium?

L'Arteon représente le nouveau vaisseau amiral de la gamme Volkswagen mais peut-il séduire une clientèle premium? - JB

Dans son chemin de croix post-dieselgate, Volkswagen vient de lancer la commercialisation de l'Arteon. Une berline haut de gamme vouée à remplacer la CC et la Phaeton dans l'offre premium de la marque généraliste. Mais ce modèle marque la fin d'une époque car il ne sera proposé qu'en diesel et en essence, alors que Volkswagen a axé sa stratégie pour les prochaines années sur les motorisations électriques.

Avec un prix de départ agressif la nouvelle berline haute de gamme de Volkswagen veut prendre des parts de marché à des concurrents prestigieux comme BMW ou Mercedes. Mais cette Audi A5 Sportback sans anneaux s'attaque à un marché complexe sur lequel d'autres généralistes parviennent à toucher du doigt la qualité premium. Ses arguments au-delà du prix, une motorisation et des équipements qui semblent au niveau. Mais cela sera-t-il suffisant?

Mais pourquoi la Volkswagen Arteon?

L'Arteon vient occuper la place de fleuron haut de gamme chez Volkswagen, à l'image de ce que représentaient il y a encore peu de temps la CC et la Phaeton. Sans vraiment remplacer ces deux modèles, l'Arteon s'impose tout de même comme la nouvelle berline (non, on ne dira pas coupé 4 portes, un coupé c'est 2 portes et c'est tout) statutaire, jouant à la fois sur un design classique mais avec une certaine audace sur certains éléments. La calandre se veut ainsi imposante avec les feux dans son prolongement et un avant rabaissé lui apportant un certain dynamisme. La version de série reste ainsi très proche du concept Sport Coupe Concept GTE dévoilé à Genève, en mars dernier.

En revanche, rien de très innovant du côté des motorisations: que du diesel et de l'essence. Aucune version hybride rechargeable n'est au programme, nous a précisé Volkswagen qui évoque "un modèle de transition". Il faudra pour cela attendre les premiers modèles de la plate-forme MEB. Une base technique justement conçue pour accueillir les motorisations "propres" du nouveau Volkswagen: celui qui dans la foulée du dieselgate a fait vœu de propreté et nous promet notamment un Combi 100% électrique et très certainement une nouvelle Phaeton convertie aux énergies propres. 

Cette nouvelle Arteon arbore un style dynamique plutôt réussi. De quoi séduire une clientèle premium?
Cette nouvelle Arteon arbore un style dynamique plutôt réussi. De quoi séduire une clientèle premium? © JB

Derrière le volant

Cette Arteon repose sur la même plate-forme MQB que la Passat et la Golf (et de nombreux modèles du groupe Volkswagen, chez Audi et Skoda notamment). Elle devient d'ailleurs la plus grande de cette famille avec 4,86 mètres de long (soit 9 cm de plus qu'une Passat). Avec son coffre à hayon de 563 litres, équivalent à un Tiguan, et un espace généreux à bord, elle ne manque pas de place pour effectuer de longs voyages par exemple. 

Notre premier modèle d'essai dispose de la finition Elegance (photo ci-dessus), qui fait la part belle aux équipements et technologies embarquées. Le tout pour une rallonge de 4.380 euros au prix de départ de 42.300 euros du TDI 2.0 de 150 ch, associé à la boîte automatique DSG7. C'est d'ailleurs avec cette motorisation que nous avons démarré ce test. Avec un poids qui reste raisonnable à un peu plus de 1700 kg, le diesel fait largement le job. Le deuxième TDI au lancement, de 240 ch, pourrait toutefois séduire des clients qui en veulent un peu plus sous la pédale de droite.

Mais la vraie sportive de la gamme: c'est la seule essence proposée au lancement, à savoir celle équipée du TSI 2.0 de 280 ch (des 150 et 190 ch sot au programme), associé à la DSG7. L'occasion également de découvrir la finition R-Line, davantage typé sport. Sous les feux, on retrouve ainsi une signature en C noire qui donne un côté plus agressif à notre berline plutôt sage (photo ci-dessous). 

La finition R-Line comprend une face avant plus agressive avec la signature en C noire qui vient s'ajouter à l'imposante calandre.
La finition R-Line comprend une face avant plus agressive avec la signature en C noire qui vient s'ajouter à l'imposante calandre. © JB

Et autant dire que le résultat est à la hauteur des attentes. Sur des petites routes de montagne et en mode sport, le plaisir est total. Le moteur répond bien présent à toutes les sollicitations, d'autant que cette version est équipée d'office de la transmission intégrale 4motion. La direction se montre précise et donc rassurante dans les trajectoires. Et en mode sport, l'Arteon se montre même joueuse sortant de son caractère d'allemande un peu trop sage. 

Seul problème avec cette motorisation, il faut s'acquitter d'un malus de 3.473 euros. C'est aussi le cas dans une moindre mesure avec le TDI 240 ch (malus de 1613 euros). Mais en attendant la Rédemption de Volkswagen, il faut bien contribuer d'une manière ou d'une autre à la transition écologique. Oui, on se console comme on peut!

Des jantes "Rosario" 20 pouces en graphite mat habillaient parfaitement notre R-Line avec le TSI de 280 ch, la plus sportive des Arteon
Des jantes "Rosario" 20 pouces en graphite mat habillaient parfaitement notre R-Line avec le TSI de 280 ch, la plus sportive des Arteon © JB

LE truc en plus: un régulateur de vitesse adaptatif... prédictif

Vous aimiez le régulateur de vitesse adaptatif (qui se cale sur la vitesse du véhicule devant vous si ce dernier roule moins vite que vous), vous adorerez le régulateur de vitesse adaptatif prédictif. 

Sa particularité? Il adapte automatiquement la vitesse du régulateur lors d'un changement de vitesse. De quoi éviter par exemple le piège d'un passage ponctuel sur autoroute à une limitation à 110 km/h, parfois agrémenté d'un radar automatique... En anticipant le passage à une limitation supérieure ou inférieure, la vitesse décroît ou augmente en douceur.

En revanche, petite déception concernant l'assistant au maintien de voie. S'il a en effet progressé par rapport à la précédente version, il n'est pas au niveau des vrais assistants au maintien dans la file qu'on trouve chez Mercedes, BMW ou Volvo. A mi-chemin avec les futurs véhicules autonomes, ce type d'équipement pose question tant il apporte plus de sécurité en apparence mais peut aussi, à la longue, encourage un certain relâchement de la vigilance du conducteur. 

Aspect soigné, écran tactile haute résolution et réactif, compteurs numériques et de nombreux équipements... l'Arteon répond aux principales exigences du premium.
Aspect soigné, écran tactile haute résolution et réactif, compteurs numériques et de nombreux équipements... l'Arteon répond aux principales exigences du premium. © Volkswagen

Le chiffre: -10%

En pleine période de soldes d'été, Volkswagen met l'accent sur la tarification de son haut de gamme. Avec un prix de départ à 37.800 euros, la marque allemande revendique un prix en moyenne inférieur de 10% aux modèles concurrents du segment C, comme la BMW Série 5 ou la Mercedes Classe E, ses principales cibles affichées.

Mais ce modèle pourrait également prendre des parts de marché à un autre modèle du groupe allemand, en l'occurrence l'Audi A5 Sportback, qui démarre à 39.200 euros. Pas d'inquiétude côté Volkswagen, pour qui les fans de la marque aux anneaux ne sont pas vraiment considérés comme de potentiels acheteurs. Entre les clients premium (BMW et Mercedes) et ceux de marques plus généralistes comme Skoda (également membre de la galaxie VW) ou Volvo, l'Arteon devra donc trouver son public. Son objectif de 2000 ventes annuelles sur le marché français semble en tout cas à sa portée.

Nos modèles d'essai - Volkswagen Arteon en finition Elegance avec le TDI 2.0 de 150 ch, DSG7 (46.680 euros hors option), et en finition R-Line avec le TSI 2.0 de 280 ch, DSG7 et 4 Motion (53.420 euros hors option)

Julien Bonnet